Une asperge mexicaine

Mis à part ses deux tiges qui passent leur temps à s'allonger au rythme des feuilles qui naissent et qui meurent, rien dans mon Beaucarnea recurvata ne ressemble à une asperge; ni le tronc ligneux renflé à sa base, ni le toupet de feuilles longues et coriaces qui coiffe ses branches et encore moins la comestibilité. Et pourtant, c'est dans cette famille, celle des asparagacées, que l'APG III (Angiosperm Phylogeny Group) le range.

Mieux connu des francophones sous le nom de pied-d'éléphant ou d'arbre-bouteille, cette plante qui végète lentement dans de nombreux foyers du monde industrialisé a pour origine l'est du Mexique. Dans ce pays et ses voisins comme le Bélize, le Guatemala et, plus loin, le Savador, on trouve neuf espèces de Beaucarnea. Il parait qu'en nature, le "recurvata" peut atteindre 5 mètres de hauteur. Il ne fait des branches qu'au bout d'une dizaine d'années après avoir fleuri ou lorsqu'une tige est brisée. En appartement, il ne devient jamais aussi haut et si on veut qu'il se ramifie, il faut le couper, s'armer de patience puis désespérer avant de voir sortir, une, deux ou trois nouvelles pousses. Personnellement, j'ai attendu 6 mois pour obtenir le résultat de la photo.

Curieusement (mais l'est-ce vraiment ?), cette plante si répandue sur la planète est en danger dans son pays d'origine. La raison en est toujours la même: notre quête du bonheur qui s'est malheureusement engagée sur une voie incompatible avec l'atteinte de l'objectif, en tout cas pour le plus grand nombre, celle du consumérisme qui exige de plus en plus de ressources, d'énergie et d'espace.


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