C'était au parc national de Pointe-Pelée; il était très tôt le matin et il ne faisait pas chaud. Nous venions voir les oiseaux migrateurs qui se reposent après la traversée du lac Érié et nous avons dérangé ce lapin à queue blanche.
C'était au parc national de Pointe-Pelée; il était très tôt le matin et il ne faisait pas chaud. Nous venions voir les oiseaux migrateurs qui se reposent après la traversée du lac Érié et nous avons dérangé ce lapin à queue blanche.
À partir de la fin décembre, on a toujours une petite troupe de cerfs de Virginie qui passe ramasser les graines tombées des mangeoires. Cette année, cela fait une semaine que nous avons commencé à les voir. Mais comme on dit: "Cerfs aux mangeoires, neige à pleuvoir" à moins que ce soit "Cerfs aux mangeoires, gel à prévoir".
L'année dernière, à peu près à la même époque, je manifestais avec quelques résidents du quartier pour arrêter des travaux visant à faire passer un boulevard dans un milieu protégé. Nous réussîmes à faire stopper le projet, mais pas à empêcher la destruction du milieu.
Comme il était vaguement question de contraindre le promoteur à restaurer le milieu, j'y suis retourné récemment pour constater l'état des lieux sans trop me faire d'illusion.
Sans surprise, rien n'a changé après un an. L'artificialisation des sols a été telle que même la végétation a du mal à recoloniser l'endroit. Quant à la faune, celle qui a survécu, on pourrait croire qu'elle a fui. Pourtant, si on s'affranchit du cadre et des perspectives où la rectitude s'impose et si l'on sort du sentier battu pour s'attarder dans la marge, la vie est là, à l'état de traces.
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| Dans les fossés, il y a souvent un peu de boue pour retenir les pas. |
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| Ici, probablement un raton laveur |
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| Et là, un cerf de Virginie avec les deux doigts du sabot surmontant les deux ergots. |
Les tamias du jardin adorent leur terrasse avec piscine et rampe d'accès. Placée au coin du cabanon, à proximité d'un terrier qu'ils utilisent comme garde-manger, ils viennent souvent s'y désaltérer ou observer les environs avant de se lancer à découvert pour aller récupérer les graines que nous éparpillons dans l'herbe.
Les écureuils gris ont vite repéré cette manne et ont décidé d'occuper le terrain. Ce fut l'occasion pour quelques-uns de s'offrir un voyage en "hybride", loin, loin, loin... Pour essayer de contrer les autres, nous avons installé le "bunker". Évidemment, ça ne fonctionne pas (ils réussissent à se faufiler), mais comme il plait beaucoup aux tamias qui s'y sentent en sécurité, on le laisse. D'ailleurs, dès qu'ils sentent notre présence dans le jardin, ils se manifestent en nous tournant autours puis vont s'installer dans le bunker pour attendre leur repas.
Aujourd'hui, ménage du cabanon de jardin sous la supervision attentive du tamia rayé au cas où les souris auraient laissé traîner une graine.
Au jardin, si ce n'était les sanguinaires défleuries, on pourrait presque se croire en France, avec un mois de retard tout de même.
Le temps se réchauffe tranquillement; on a laissé tomber les collants, mais les forts vents d'est d'aujourd'hui ne permettent pas aux oiseaux de traverser le lac. Demain, il va pleuvoir et les vents vont tourner au sud; la fin de journée nous réservera peut-être quelques bonnes surprises.
Aujourd'hui, nous en sommes à 102 espèces d'oiseaux et nous avons ajouté entre autres à notre liste, un troglodyte de Caroline, une macreuse à front blanc, un raton laveur à l'air patibulaire et quelques "pas sympas" tiques, heureusement repérées avant qu'elles ne s'installent pour casser la croûte. Il va falloir que nous soyons plus prudents et plus attentifs après nos déplacements.
Côté plantes, nous avons enfin trouvé le fameux cactus de Pointe-Pelée, l'Opuntia cespitosa, mais j'en parlerai demain puisqu'il pleuvra.
| Troglodyte de Caroline |
| Macreuse à front blanc |
Aujourd'hui vendredi, c'est jour de ramassage des déchets organiques, un jour que les ratons laveurs ont marqué d'une croix dans leur agenda.
C'était le 30 juin, notre dernier jour sur l'île aux Basques, dans le bas du fleuve. C'était un jour de brume, de celle qui mouille comme de la pluie et qui incite à attendre le bateau au chaud, au coin du poêle. Mais voilà, il fallait que j'aille récupérer le piège photographique que j'avais sanglé à un arbre en bordure de ce que j'avais pris pour une piste d'orignal.
Pourtant, chaque matin, l'indicateur de prise de vue me signifiait que je m'étais trompé. Et encore, ce matin, je repartirai bredouille. L'île a beau être toute petite et les orignaux imposants, nous n'en aurons vu que des traces: le broutage des buissons, les empreintes de sabots, quelques excréments, un bruit de galop dans le bois lors d'une marche sur la rive et un flanc dans une trouée de la végétation.
Dernier retour vers le refuge, je regarde par terre au cas où j'aurais manqué une plante et j'entends ma blonde derrière moi chuchoter d'un ton stressé: "Jean-François, à droite". M..., il est là, À une quinzaine de mètres. Il broute et relève à peine la tête pour évaluer le danger. Trop près pour le fixer, je baisse les yeux pour ne pas l'inquiéter et je recule tranquillement, histoire de nous laisser à tous les trois une marge de manœuvre. Nous avons pu constater à Terre-Neuve, la patrie des orignaux, que malgré leur taille, ces animaux peuvent détaler comme des lapins quand ils sont surpris. Aussi, prudence.
Il avance, nous reculons. Nous comprenons que nous sommes sur son chemin. Alors, avant qu'il soit complètement sur le nôtre et que nous nous empêchions mutuellement de passer, nous décidons de le croiser pour lui laisser le champ libre en avançant d'un pas décidé, mais pas précipité, et en le surveillant du coin de l'œil. Voilà, c'est fait. On peut maintenant profiter du spectacle.
| Bihoreau gris |
Lorsque nous habitions à Montréal et que nous voulions voir des bihoreaux gris, nous nous rendions en fin de journée sur le petit pont qui mène à l'Île-de-la-Visitation.
L'année dernière, les circonstances m'y ont ramené et ils sont toujours là. Peut-être y sont-ils depuis toujours, rêvant des temps meilleurs dépeints dans les vieilles histoires transmises de génération en génération.
| Marmotte commune |
| Grand héron |
| Hirondelle bicolore |
| Canards noirs |
| Bernaches du Canada |
| Pigeon biset |
Hier, nous nous promenions dans le boisé du Tremblay et constations la poursuite de sa transformation en un espace de moins en moins naturel. Après avoir ouvert des avenues pour les promeneurs de chien, planter des bancs pour y déposer des cannettes en aluminium ou des tags, reverdi les bas-côtés avec des végétaux pas toujours indigènes, on coupe aujourd'hui les frênes morts et, dans la foulée, quelques peupliers faux-trembles vivants.
Pour les frênes, c'est évidemment une question de sécurité, même si le tronc de certains tient dans ma main. Pour les autres, je ne sais pas, mais ce sont des vieux...et on n'aime pas les vieux.
Pour parachever l'aménagement, on coupe les troncs au ras su sol pour être sûr qu'aucun animal xylophile ou "xylodépendant" ne les utilisera et on les réduit en paillis; ce qui ne devrait pas aider les tapis d'hépatiques, de claytonies et d'érythrones à se remettre du piétinement des bucherons et de leurs engins.
Curieuse humanité ! Hier, on se frôlait sans masque sans avoir peur d'attraper une maladie qui a fait 6 millions de morts dans le monde. Aujourd'hui, on a peur d'un arbre mort qui a toutes les chances de ne pas nous tomber dessus.
Tiens, en parlant de "xylodépendant", au cours de notre promenade, nous avons croisé l'épervier brun qui chasse régulièrement dans le jardin. Cela fait deux jours que la porte-fenêtre est secouée par ses attaques contre les tourterelles qui viennent se faire chauffer sur la terrasse. Avant-hier, nous avons eu le temps de le voir partir avec l'une d'entre elles. Ce coup-ci, il avait attrapé un tamia rayé.
Et en parlant de tamia, il y a deux jours, à la même date que l'année dernière, j'ai pu apercevoir un de ceux qui habitent le jardin. Ce fut bref, le temps d'un aller-retour sous les mangeoires d'oiseaux, mais avant qu'il plonge à l'abri de la neige, j'ai eu le temps de l'identifier comme étant "grande-queue". Ça sent le printemps et nous commençons à penser à nos canards, car la date de leur arrivée approche.
Pendant que les imprudents et les brandisseurs de liberté individuelle faisaient la file d'attente devant les centres de test pour la COVID 21, ma blonde et moi nous promenions dans un parc des Îles de Boucherville déserté où nous fûmes accueillis par un renard roux tenant en sa gueule un lapin de réveillon.
| Harle couronné et Canard colvert |
Sur l'eau encore libre du chenal principal de l'archipel, plongeurs et barboteurs se tenaient compagnie. Un peu plus loin, nous avons croisé un vison d'Amérique qui s'en allait les rejoindre, puis quelques cerfs de Virginie en tenue de gala. Finalement, l'heure avançant et les visiteurs affluant, nous avons pris le chemin du retour.
Ce matin, ma blonde et moi sommes allés faire un petit tour au parc Michel Chartrand qui, tous les ans, défraye la chronique avec ses "chevreuils" qu'il faudrait abattre au grand dam de ceux qui ne peuvent pas s'empêcher de les nourrir et de favoriser ainsi leur multiplication. Que les cerfs de Virginie profitent de leur Noël, c'est le dernier. La viande sera distribuée à des organismes de restauration charitable.
Les cerfs ne seront bientôt plus les seuls à être relégués au rang de souvenirs, les frênes morts de l'agrile aussi. L'abattage des arbres semble être le seul secteur à ne pas souffrir de la pénurie de main d'œuvre au Québec et les bûcherons allaient bon train. Que les pics et autres utilisateurs de bois morts profitent de Noël, je prédis qu'il leur sera difficile de se loger au printemps.
Malgré le bruit des tronçonneuses et des déchiqueteuses voisines, il y avait cette petite Nyctale dénichée par ma blonde, un beau cadeau de Noël que j'ai laissé dans le "sapin". Cet oiseau nocturne capable de détecter ses proies à l'ouïe avait l'air fâché de l'ambiance sonore.