Huîtrier pie, Haematopus ostralegus, Eurasian Oystercatcher

On compte 12 espèces d'huîtriers: une en Europe, l'huîtrier pie; deux en Amérique du Nord, l'huîtrier d'Amérique (4 mentions au Québec depuis 1980) et l'huîtrier de Bachman. Alors qu'en Amérique c'est un oiseau exclusivement côtier, en Europe certains individus ont fait une intrusion à l'intérieur des terres.
Son bec lui permet d'ouvrir les bivalves - huîtres, moules et autres mollusques - dont il se nourrit. Lorsqu'il s'éloigne des côtes, son régime alimentaire change pour des lombrics.


À La Haye où je les ai observés cet été, les huîtriers se regroupent le soir sur les toits plats des installations portuaires comme des pigeons.




Goéland argenté, Larus argentatus, Herring Gull

C'est un des plus grands goélands que l'on peut observer aussi bien en Amérique du Nord qu'en Europe et dans une partie de l'Asie. Ses pattes sont roses, son bec jaune avec un point rouge sur la mandibule inférieure, son dos et ses ailes d'un gris argenté qu'il n'obtient pas avant sa quatrième année, sa tête blanche en plumage nuptial est grisâtre en plumage internuptial.
Chez les goélands, la tête à l'horizontal dans le prolongement du corps qui se relève le temps d'un cri est une attitude adoptée par les adultes pendant la cour ou par les jeunes pour quémander de la nourriture. Ici, il s'agit d'adultes après la période de reproduction (août). Peut-être s'agit-il d'un ancien couple ? le plus petit, qui pourrait être une femelle, demande la permission d'approcher ou se fait reconnaître ? Le plus grand répond  puis se lasse (coup de bec) et demande à l'autre de s'écarter (la position dressée en faisant face à l'adversaire est utilisée dans les colonies lorsque le territoire est menacé). Allez savoir !

Mouette rieuse, Chroicocephalus ridibundus, Black-headed Gull

Gull pour les anglais, Larus pour les savants, mouettes pour la plupart des personnes allongées sur le sable.
L'identification des laridés (mouettes et goélands) remplit facilement le temps libre. Les plus grands comme les goélands marins mettent 4 ans pour afficher leur plumage adulte. Avec deux plumages par an, nuptial et internuptial, et un plumage juvénile, cela fait 9 possibilités. Multipliez par le nombre d'espèces et vous comprendrez pourquoi j'ai des marques de bronzage en forme de guide d'ornitho.
Pour les identifier, c'est "facile". Il suffit de regarder la couleur des pattes (noires, jaunes , roses, rouges), la ou les couleurs du bec (noir, rose, rouge, orange, jaune, jaune avec un point rouge, rouge avec la pointe noire, jaune avec la pointe noire, jaune avec un trait noir, etc.), les couleurs et les motifs de la tête (blanche, grise, noire, tête blanche avec un point noir derrière l'oeil, tête blanche avec un trait vertical noir derrière l'oeil). Il faut regarder aussi la couleur du plumage des ailes, la disposition des nuances de gris ou de brun si c'est un jeune et les couleurs des bords d'attaque et de fuite. Éventuellement, si on a encore le temps, on vérifiera si la queue est barrée de noir et la proportion de blanc et de noir dans la pointe des ailes des goélands.
Ici, la tête blanche et grise barrée d'un trait vertical plus foncé en arrière de l'oeil, la nuque plus blanche que le dos et les ailes qui sont d'un gris plutôt pâle et uniforme, le bec rose avec la pointe noire, les pattes roses, la pointe noire des ailes et apparemment pas de noir dans la queue, je dirais une mouette rieuse adulte en plumage internuptial. 
La parole est aux spécialistes.
On peut l'observer au Québec depuis que quelques colonies se sont installées spontanément dans le golfe du Saint-Laurent, mais celle-là est européenne.