Ce qu'il y a de mieux à faire pour la nature...

...est de ne rien faire. J'en ai eu la preuve encore aujourd'hui.

Au fond du jardin, derrière la clôture, il y a le boisé du Tremblay, un milieu naturel sur lequel je veille comme un pitbull sur son os. Il suffit que j'entende une chainsaw, une hache ou une branche qui craque pour que je me précipite contre la clôture pour grogner et montrer les dents. 

Il y a quelques semaines, quelques mois même, la ville est venue couper les frênes morts et quelques autres essences mal proportionnées ou n'affichant pas la rectitude réglementaire, ne laissant qu'une clairière et deux érables rouges. Devant la désolation, j'avais l'intention de remplir le vide avec des espèces indigènes, mais finalement, je ne ferai rien.

Aujourd'hui, j'ai eu la surprise de trouver un érable à sucre, un érable rouge supplémentaire, un chèvrefeuille haut d'un bon mètre cinquante que je n'ai jamais vu arriver et un cerisier qui semble être de Virginie, un plus haut que moi et plein de cerises. Comme je ne l'ai pas vu fleurir au printemps, il faut croire que j'ai passé le la première moitié de l'année ailleurs... Le problème est de savoir où. 

Tranche de vie

Fin d'après-midi, c'est l'heure du rituel de l'apéro. Demi-coupe de vin blanc pour elle, rouge pour moi,  graines de tournesol pour les tamias qui participent à la cérémonie. Je reprends la lecture du dernier Géo et de son reportage sur la Norvège, les oreilles se partagent entre le son relaxant de la cascade et les chants d'oiseaux alentours. Tiens, le troglodyte familier qui chantait ce matin est toujours là. On est bien, c'en est presque gênant.

Un bain de mousse

Entre deux des racines qui rayonnent du bouleau, je veille jalousement au bien-être d'un tapis de mousse. Rien n'a l'autorisation de s'y établir, ni l'herbe-aux-écus du quadrant voisin, ni l'ambitieuse bugle rampante qui profite du moindre relâchement pour jouer au poutine de jardin.

Bien qu'elle se débrouille très bien toute seule pour étouffer toute tentative de colonisation, je l'aide parfois à faire la police dans l'espoir qu'un jour, elle couvre assez de surface pour pouvoir me rouler dedans.