Un 17 avril au mont Saint-Bruno



Hier c'était l'anniversaire de ma blonde, c'était aussi la première journée du printemps. À ce propos, je propose que la première journée ensoleillée de l'année atteignant les 15°C soit décrétée journée officielle du printemps québécois et qu'en tant que telle, elle puisse faire l'objet d'un absentéisme en toute impunité. Et en attendant que cette proposition fasse son chemin jusqu'à l'Assemblée, je suis allé kidnapper ma compagne sur son lieu de travail pour aller honorer l'événement sur le mont Saint-Bruno.



En faisant un détour par la carrière abandonnée pour vérifier si les corbeaux qui traînent parfois par là n'avaient pas fait leur nid dans la falaise, nous avons été accueillis par un concert de grenouille des bois. Assis dans l’amphithéâtre pour profiter du moment, chauffés par le soleil, nous aurions pu facilement prendre racine si des fourmis dans nos pieds ne nous avaient pas encouragés à poursuivre le chemin. Ce fut un mal pour un bien, car plus loin, deux primeurs nous attendaient: une gélinotte huppée dont nous ne soupçonnions même pas l'existence dans ce parc et notre premier bruant familier de l'année.


Un 14 avril à Longueuil

Acheter un bungalow dans le 450, le rêve devient réalité pour ce jeune couple de Longueuil. Ils vont bientôt pouvoir bercer leur progéniture aux sons du Kärcher, du deux-temps de la tondeuse, de la scie à onglets et des écoles de pilotage de l'aéroport Saint-Hubert.


En attendant, les perce-neiges se prennent pour des brise-glaces.


Un 12 avril dans le boisé du Tremblay

Au Québec, il y a le printemps, qui se produit entre le 20 et le 21 mars comme partout dans l'hémisphère nord, et environ un mois plus tard, il y a la sortie de l'hiver. Le premier passerait complètement inaperçu si la chroniqueuse météo ne se faisait pas un plaisir de nous préciser son heure d'arrivée; la seconde se remarque au changement de plumage des oiseaux, à la sortie de la première marmotte et au gars qui se promène en bermuda par +5°C. 

Relent hivernal, ce sizerin flammé tarde à regagner son Grand-Nord natal
Pie-grièche boréale
Avec la mue prénuptiale, le chardonneret jaune abandonne son teint uniformément olivâtre pour adopter son style  jaune citron et front noir .

Un 9 avril à Longueuil

Si ce n'était le gazouillis des chardonnerets jaunes et le chant du Cardinal rouge, on pourrait se croire en hiver.

Un 7 avril au bord du Saint-laurent

Une promenade dominicale à la Saulaie et à l'arboretum Stephen-Langevin (Boucherville) nous a permis de constater que les migrations suivaient leur cours. De grands radeaux de canards plongeurs  composés principalement de grands harles et de garrots à œil d'or se laissaient dériver sur le fleuve, accompagnés de quelques goélands à bec cerclé et de nombreuses bernaches du Canada, très en voix.
Sur la rive, le bruant chanteur, à peine arrivé, commençait à prospecter son territoire et quelques tamias rayés faisaient le plein de vitamines sous l’œil intéressé d'une petite nyctale, qui ne déteste pas à l'occasion un tamia farci aux pommettes . 






Le rocher à mimo


C'est ainsi que nous appelons le bloc erratique laissé par le glacier qui recouvrait la région il y a 12000 ans. Il repose à quelques mètres de la maison et sert de perchoir à toute sorte d'animaux. Notre chatte, en l'honneur de laquelle nous le baptisâmes, s'en servait à l'occasion, probablement comme affût, je vais parfois m'asseoir dessus pour écouter ce que les oiseaux ont à me dire, mais aujourd'hui le renard l'avait choisi pour faire sa sieste.


Un 23 mars dans le boisé du Tremblay

Hier matin, l'averse de neige et le vent nous incitaient à rester au chaud, mais dans l'après-midi, le soleil nous a pris par la main pour nous conduire dans le boisé à la recherche des quiscales et des carouges vus plus tôt dans la semaine.  Nous les avons entendus sans les voir. Pas de renard roux, ni de chouette rayée non plus, mais nous avons pu constater le débourrement des bourgeons des peupliers faux-trembles.


Un 23 mars à Longueuil

Qui a dit que le Canada était un beau pays ? Deux jours après l'arrivée officielle du printemps, la météo nous repasse une couche de blanc. Et ce n'est peut-être pas la dernière. Si l'Andalousie veut m'accueillir comme réfugié climatique, je suis partant.
Bon, on peut toujours se dire que cette averse de neige a le mérite de rassembler les oiseaux aux mangeoires. Sur la vidéo, il manque la sittelle à poitrine blanche et le renard roux, qui est venu faire son tour, mais on peut voir huit espèces d'oiseaux, dont une difficile à la fin. Lesquelles ? Réponse plus bas.



Réponse:

Un 16 mars dans le boisé du Tremblay

Le printemps n'en finit plus de s'annoncer. Aujourd'hui, nous avons vu nos premiers quiscales, peut-être des rouilleux à en juger par la proportion de leur queue et par leurs grincements portés par le vent. Il y a aussi les corbeaux qui se sont remis à nicher, aussi fidèles l'un à l'autre qu'à leur tour de communication.



Chanteur de charme



Ce matin, signe supplémentaire de la venue du printemps, Doug la tourterelle est venu chanter la sérénade sur mon balcon. Daisy ne doit pas être loin, car le couple s'est reformé comme tous les printemps et se fréquente assidûment depuis quelques jours.
Cette année pourtant, une ombre plane sur leur histoire d'amour. Une troisième tourterelle s'est jointe au couple et les accompagne partout. Comme il n'y a pas de "tanguy" chez les tourterelles, contrairement à d'autres espèces comme les corneilles par exemple, il s'agit probablement d'un concurrent. Pour l'instant, il ne se montre pas très entreprenant et sa présence ne semble pas créer de tension. 
Cela nous donne une bonne raison de suivre cette nouvelle saison de la saga Doug et Daisy.

Ballet de tourterelles tristes

Un 11 mars dans le boisé du Tremblay

Ce saule et moi partageons le même état d'esprit: "ce ne sont pas les 20 centimètres de neige reçus la fin de semaine dernière qui nous empêcheront de nous préparer au printemps".

L'impatience du jardinier

J'suis plus capable. Malgré les 50 cm de neige et de glace qui recouvrent le jardin et les 5 cm de neige fraîche annoncée pour cette fin de semaine, il y a aujourd'hui quelque chose de printanier dans l'air ou dans la lumière, qui a déclenché une envie irrépressible de semer et de planter.
Déjà la semaine dernière, j'ai eu une attaque de jardinage. Comme il est prévu d'ajouter trois carottes cultivées dans le jardin des simples, à côté des carottes sauvages pour pouvoir les comparer, plutôt que d'acheter des graines, j'ai eu envie d'essayer de les partir par "bouturage" de têtes de carottes. Quel adon ! Il y en avait justement dans leur dernier arrivage de panier bio. Après avoir coupé trois têtes un peu plus large, les avoir placées dans une boite à biscuit transformée en serre pour maintenir une bonne humidité ambiante, trois ébauches de tiges ont commencé à se former après une semaine . On verra bien jusqu'où ça va aller.


Aujourd'hui, sur la lancée de ce succès, je me suis parti un premier semis d'essai de Verge d'or d'Europe. Je sais que c'est trop tôt, mais je ne peux plus attendre. L'année dernière, les graines en pleine terre n'avaient rien donné, une demi-surprise puisque le fournisseur prévient que leur pouvoir germinatif est médiocre. Cette année, je les pars à l'intérieur dans un substrat plus propice à la germination; je croise les doigts.

Il y a une faute dans l'étiquette, c'est Solidago virgaurea.

You talkin' to me ?

C'était l'été dernier, au centre d'interprétation de la nature du lac Boivin. Manifestement, les écureuils roux prenaient à cœur leur rôle de représentants de la faune.

Un 2 mars autour du Mont Saint-Bruno

Cela faisait longtemps que je n'étais pas sorti. Je sais pourquoi. C'est toujours l'hiver et je suis tanné. Mais bon, si on ne se force pas, on ne fait rien. Et les récompenses nous attendaient au détour du chemin.


Chaque fois que je prends ce chemin, mon regard est accroché par la symétrie parfaite de ce bouleau; chaque fois, je le prends en photo, et chaque fois, je suis déçu par le résultat. 


Dans le sentier du Grand-duc, au pied du Mont Saint-Bruno, il y a un poste de douane tenu par des mésanges à tête noire. Aujourd'hui, alors que nous étions prêts à nous acquitter de notre dû, rien, elles brillaient par leur absence. Nous nous sommes signalés en vain et ce n'est que quelques pas plus loin que nous avons compris qu'elles avaient une autre priorité, en l'occurence celle de déloger une chouette rayée de leur territoire.


Un trois pour un: ma blonde qui aime les mésanges, la mésange qui aime les pompons et la chouette qui aiment les mésanges.


Bon je vous passe les cerfs de Virginie et les pie-grièches, mais pas le harfang, ni les renards. Demain, ce sera safari aux dindons sauvages, le long des lignes américaines (avis aux douaniers états-uniens: ne tirez pas, nous ne sommes jamais armés).



Le saintpaulia, un peu de Tanzanie à la maison

Ma violette africaine trône sur la table de la salle-à-manger au pied d'un vieux jasmin. Sa floraison a inspiré le billet et, puisqu'on en parle, autant dire que Saintpaulia est un genre à jours neutres, c'est-à-dire que le déclenchement de la floraison est indépendant du temps de la longueur de la journée. 
J'ai un Saintpaulia, vous avez un Saintpaulia, ils ont un Saintpaulia, nous avons tous un Saintpaulia.
La violette africaine, ou violette du Cap, fait partie de ces plantes qui ont été adoptées à l'unanimité par l'humanité. Facile à garder, agréable à regarder, elle plait. On la cultive, on la multiplie, on l'hybride, on l'offre et on la pose sur son bureau. Pourtant, derrière cette "success story", se joue un drame.
C'est qu'avant d'être une plante d'intérieur, le saintpaulia (qui ne s'appelait pas encore comme ça) vivait, tranquille, enraciné dans l'humus d'une forêt tropicale pluvieuse sur le versant des Eastern Arc Mountains et dans quelques plaines côtières de Tanzanie et du Kenya. Je dis "le", mais je devrais plutôt dire "les", car on dénombre officiellement 9 espèces, 8 sous-espèces et 2 variétés de saintpaulias; même si celui que vous possédez est probablement un hybride de Saintpaulia ionantha.
Un jour de 1892, ces violettes, qui en réalité n'en sont pas, croisèrent le chemin du baron Adalbert Emil Walter Redcliffe Le Tanneux von Saint-Paul Illaire qui se promenait dans les montagnes d'Usambara au Tanganiyka, actuelle Tanzanie, alors sous domination allemande. Le baron, germanique mais pas insensible à la beauté du monde, cueillit quelques fleurs et les envoya en Allemagne où le directeur du jardin botanique royal de Herrenhausen (Hanovre), monsieur Hermann Wendland, les scruta à la loupe et décida, probablement influencé par la particule, de les baptiser Saintpaulia ionantha en l'honneur de leur découvreur.

À partir de ce moment, le succès de la violette ne dérougit plus et la voilà qui conquiert le monde, manipulée et contrainte à des relations contre nature par des horticulteurs aux goûts parfois douteux qui la parent de nouvelles couleurs et enrichissent sa garde-robe. Elle ne se doute pas alors qu'au pays, la situation de ses semblables se dégrade. Là-bas, les violettes, on s'en fout; ce qu'on veut, c'est de l'argent. Alors, on plante du café, du thé, de la cardamone et pour leur faire de la place, on coupe les arbres, on rase les forêts. Tant et si bien qu'aujourd'hui, il ne reste plus que 15 % du couvert forestier dans les plaines côtières et 58 % dans les montagnes. Ainsi disparaissent les violettes sauvages, avec leur habitat, dans l'indifférence de presque tous.     

Un 20 février à Longueuil

7 heures du mat, -20°C, tout le monde regarde vers l'est, rempli d'espoir. Il apparaît enfin et alors, ils se souviennent; l'espoir est parfois déçu.



Ce junco ressent-il le froid ? Certainement puisqu'il enfouit sa patte dans son plumage. En souffre-t-il ? Pas forcément. 

Ça sent le printemps



Je suis un homme heureux. La semaine dernière, j'ai reçu les semences que j'avais commandées chez Richters, mon fournisseur préféré en matière de plantes médicinales: grand choix de semences et de plants, lesquels sont de qualité et soigneusement emballés. 
En attendant le moment des semis, je les ai rangées dans une boîte de fer blanc avec celles que j'ai ramassées par-ci par-là dans la nature et que je n'ai pas pu semer l'automne dernier, fracture oblige.
Au programme cette année, compléter:
  • la collection des lamiacées avec la monarde fistuleuse (Monarda fistulosa), la buglosse officinale (Anchusa officinalis) et la sarriette vulgaire (Clinopodium vulgare),
  • les astéracées avec le Pied-de-chat (Antennaria dioica), la verge d'or d'Europe (Solidago virgaurea; un deuxième et dernier essai, car elle avait refusé de germer l'année dernière) et la carline à tige courte (Carlina acaulis; un essai, car elle n'est pas dans sa zone),
  • les borraginacées avec la bourrache (Borrago officinalis) et la vipérine (Echium vulgare),
  • les apiacées avec l'angélique (Angelica archangelica),
  • et les solanacées avec le coqueret alkékenge (Alkekengi officinarum).  
Il n'y a plus qu'à attendre que la neige fonde.

Un 13 février dans le boisé du Tremblay

La neige, un pic chevelu et deux promeneurs en raquettes étaient les seules choses animées dans le sous-bois. Cherchant désespérément des traces de vie, nous avons fini par trouver celles laissées dans la neige par un écureuil gris qui changeait d'arbre. À part ça, rien. On dirait que la vie déserte le boisé à mesure que les promeneurs de chien l'investissent. Remarquez: j'aime les chiens.    


Pruine ou poils ?

Dans un coin de la chambre, près de la fenêtre, un Platycerium bifurcatum cohabite dans un vieux dessous de pot avec un petit Phalaenopsis je-ne-sais-quoi.
Bien que les deux plantes soient très éloignées l'une de l'autre dans l'arbre phyogénétique (les fougères étant bien plus anciennes que les orchidées), elles ont en commun d'être originaires d'Asie du Sud-Est et d'être des plantes épiphytes, ce qui expliquent pourquoi elles se contentent pour l'hébergement d'un dessous de pot rempli de sphaigne.
Je dois avouer que j'aime beaucoup ce platycerium que nous avons adopté très très jeune. Il faut dire qu'il n'est pas banal avec ses deux types de frondes: les stériles, rondes et plates, qui lui permettent de s'ancrer en se moulant sur leur support, et les fertiles, élancées et lobées, qui lui valent son nom de corne d'élan.

Sur ces dernières, on lit partout qu'elles sont pruineuses. Et effectivement, les "feuilles" du platycerium, surtout les plus jeunes, sont recouvertes d'une matière duveteuse suffisamment dense pour leur donner une coloration blanchâtre. Comme je ne suis pas du genre "ostineux", j'avais admis et je répétais à qui voulait l'entendre que c'était de la pruine, c'est-à-dire une sécrétion cireuse produite par l'épiderme (comme sur les prunes). Mais ce matin, en y regardant de plus près avec ma loupe, je me suis aperçu qu'il s'agissait en fait de petites touffes de poils en forme d'étoiles, rien à voir donc avec de la pruine bien que la fonction de protection contre les intempéries et l'évaporation soit similaire.

Un an dans la vie d'une forêt

Publié en 2012 sous le titre original de The Forest Unseen: A Year's Watch In Nature, "un an dans la vie d'une forêt" est le carnet naturaliste de David G. Haskell, un biologiste américain d'origine britannique. Il y consigne ses observations du mètre carré de forêt primaire appalachienne qu'il a choisi de suivre pendant toute une année; chaque chapitre correspondant à une visite, à un événement particulier et aux réflexions qu'il lui inspire.
De lecture facile, on apprend évidemment plein de choses sur la vie qui anime cette forêt du Tennessee comme celles d'une bonne partie de l'est de l'Amérique du Nord. Mais au-delà de l'interprétation biologique des phénomènes, c'est cette préoccupation qu'à l'auteur de les placer dans un contexte plus global qui rend le livre passionnant et plus universel.
À titre d'exemple, la découverte d'une viorne broutée par un cerf sert de prétexte à Haskell pour nous expliquer l'extraordinaire capacité des ruminants à tirer leur énergie d'aliments que les autres mammifères sont incapables de digérer. Elle lui donne également l'occasion de battre en brèche quelques idées reçues sur la surpopulation du cerf de Virginie et sur ses méfaits sur l'environnement tant décriés par certains groupes, qu'ils soient d'écologistes ou de chasseurs. Cette surpopulation ne serait que relative puisque les effectifs contemporains sont toujours comparés à ceux de l'après-colonisation de l'Amérique du Nord, alors que le cerf avait bien failli disparaître sous les coups de fusil des chasseurs. Si on se fie aux récits des premiers colons, tout indique au contraire que l'espèce était beaucoup plus abondante à cette époque qu'aujourd'hui et que les forêts d'autrefois avaient un aspect bien différent et certainement plus clairsemé par le broutage  que celui que nous leur connaissons.


Mets tes raquettes, on sort.

-19°C au thermomètre, -35° ressenti avec le vent et 25 cm de neige dans quelques heures, c'est la première tempête de l'hiver. Cela n'arrête pas les oiseaux qui doivent continuer à s'alimenter pour compenser la perte de chaleur.  

Jardin de simples

Les jardins de simples étaient au Moyen-Âge ce que sont les pharmacies aujourd'hui. Les plantes médicinales (simplicis herbae), principaux remèdes de l'époque, y ont été cultivées jusqu'à ce que la révolution industrielle et les progrès scientifiques permettent d'identifier, d'isoler et de synthétiser leurs principes actifs. Les chamans, guérisseurs, herboristes, apothicaires ou médecins se sont alors transformés en pharmacologues et pharmaciens. Pas tous cependant, car certains s'efforcent de perpétuer un savoir-soigner traditionnel .
Si la formation et le diplôme d'herboriste n'avaient pas été supprimés en 1941 par le gouvernement collaborationniste de Vichy, peut-être aurais-je été l'un deux. À la place, je suis devenu pharmacologue. Cela n'a pas entamé mon attachement pour ces plantes qui sont à l'origine de beaucoup de nos médicaments modernes et qui continuent aujourd'hui encore à alimenter notre pharmacopée. J'ai même, depuis trois ans, entrepris de collectionner les plantes médicinales dans mon jardin, une sorte de retour aux sources. Elles y sont rassemblées par famille, 3 à 4 individus par espèce et doivent répondre aux conditions suivantes: les vivaces doivent survivre à l'hiver québécois sans autre protection que le couvert neigeux et les annuelles doivent se resemer d'elles-mêmes. 


Tige quadrangulaire de la bugle rampante
Comme il fallait commencer quelque part, le choix de la première année s'est porté sur les lamiacées, une grande famille d'environ 6000 espèces qui a fourni quelques célébrités aromatiques et médicinales comme la menthe, la lavande, le thym, l'origan, le basilic et la sauge.
Faciles à identifier, les plantes de la famille ont en commun: une tige quadrangulaire, des feuilles simples, opposées (paire de feuilles se faisant face sur la tige) et décussées (chaque paire de feuilles fait un angle de 90° avec la précédente), des fleurs généralement bilabiées (une lèvre supérieure et une inférieure) à pétales soudés et un calice à 5 sépales soudés en forme de tube.
Jusqu'à présent, une vingtaine d'espèces sont acclimatées au jardin (marquées d'un astérisque dans la liste plus bas); il en reste une dizaine à trouver et à essayer de faire pousser.

Fleur de bugle rampante à lèvre supérieure presque inexistante
Fleur de monarde écarlate nettement bilabiée
Feuilles opposées et décussées de la menthe poivrée


























Des lamiacées médicinales

Agripaume cardiaque – Leonurus cardiaca *
Ballote fétide – Ballota nigra
Basilic – Ocimum basilicum
Basilic de Ceylan – Ocimum gratissimum
Basilic sacré – Ocimum tenuiflorum
Brunelle commune – Prunella vulgaris *
Bugle ivette – Ajuga iva
Bugle rampante – Ajuga reptans *
Bétoine – Stachys officinalis *
Calament – Clinopodium nepeta
Cataire – Nepeta cataria *
Collinsonie du Canada – Collinsonia canadensis
Coléus – Coleus forskohlii
Dictamne de Crète – Origanum dictamnus
Épiaire des bois – Stachys sylvatica
Épiaire des marais – Stachys palustris
Galéopside à tige carrée – Galeopsis tetrahit *
Galéopside douteux – Galeopsis segetum
Gattilier – Vitex agnus-castus
Germandrée des bois – Teucrium scorodonia
Germandrée maritime – Teucrium marum
Germandrée petit-chêne – Teucrium chamaedrys *
Hysope – Hyssopus officinalis *
Lamier blanc – Lamium album
Lavande aspic – Lavandula latifolia
Lavande stœchade – Lavandula stoechas
Lavande vraie – Lavandula angustifolia *
Lavandin – Lavandula x intermedia
Lierre terrestre – Glechoma hederacea *
Lycope – Lycopus europaeus
Marjolaine – Origanum majorana
Marrube blanc – Marrubium vulgare *
Menthe poivrée – Mentha x piperita *
Menthe pouliot – Mentha pulegium
Menthe verte – Mentha spicata
Monarde pourpre – Monarda didyma *
Monarde fistuleuse – Monarda fistulosa
Mélisse – Melissa officinalis *
Mélitte – Melittis melissophyllum
Origan d’Espagne – Coridothymus capitatus
Origan d'Héralée – Origanum heracleoticum
Origan vulgaire – Origanum vulgare *
Origan à inflorescences compactes – Origanum compactum
Orthosiphon – Orthosiphon stamineus
Patchouly – Pogostemon cablin
Pérille faux-basilic – Perilla frutescens
Romarin – Rosmarinus officinalis
Sarriette des montagnes – Satureja montana *
Sarriette des jardins – Satureja hortensis
Sarriette vulgaire - Clinopodium vulgare
Sauge d’Espagne – Salvia lavandulifolia
Sauge officinale – Salvia officinalis *
Sauge sclarée – Salvia sclarea
Scutellaire latériflore – Scutellaria lateriflora *
Scutellaire toque – Scutellaria galericulata
Scutellaire du Baïkal – Scutellaria baicalensis *
Serpolet – Thymus serpyllum *
Thym citron – Thymus x citriodorus
Thym saturéoïde – Thymus satureioides
Thym vulgaire – Thymus vulgaris *