Un 18 mai dans le boisé du Tremblay

En dépit des vélos qui continuent à circuler malgré l'interdiction, des chiens avec des laisses de plus de deux mètres dans lesquelles je me suis empêtré et des photographes paresseux ou impatients, qui appellent les oiseaux avec des enregistrements en pleine période d'établissement de leur territoire de nidification, il y avait de belles choses à voir dans le boisé. Et encore, je ne vous montre pas tout.
Au fait, pourquoi est-il déconseillé d'appeler les oiseaux en période de nidification ? Avis aux photographes ignorants : comme les oiseaux n'ont pas inventé d'autres armes que le chant pour revendiquer leur territoire, faire jouer un enregistrement en boucle et à plein volume donne le signal à l'oiseau déjà là qu'un concurrent mieux armé a décidé de s'installer. Le plus faible va donc céder la place. Par conséquent, vous le verrez peut-être s'énerver autour de vous pendant un moment, mais ce sera la dernière fois. Par ailleurs, comme la population des photographes augmente, que les territoires disponibles pour les oiseaux s'amenuisent, il y a de fortes chances que cet oiseau ne se reproduise pas. Alors, je sais bien qu'il est difficile de se contraindre et de se priver du plaisir d'une photo prise déjà mille fois, mais...


Maïanthème du Canada
Amélanchier du Canada
Fraisier des bois
Paruline noir et blanc
Paruline à croupion jaune
Paruline bleue
Paruline jaune
Bruant à couronne blanche
Piranga écarlate
Moqueur chat

La cane et moi

C'est la fin de la journée. Je viens m'asseoir au bas des marches, face au bassin. Le temps de synchroniser mon rythme à celui du jardin, je vois alors l'oriole occupé à manger son orange, le va-et-vient des deux colibris, le pic mineur à la recherche de larves dans l'écorce du sureau et le couple de colvert au milieu des tulipes qui sort du bassin pour venir chercher sa poignée de grains.

Un 15 mai dans le boisé du Tremblay

Le meilleur moment pour observer les oiseaux est tôt le matin au lever du soleil. Pour les écouter, il vaut même mieux précéder le soleil d'une demi-heure. Cela ne veut pas dire que l'on ne peut pas faire de belles observations dans la soirée, comme celle de ce tyran huppé qui chassait les insectes autour de nous sans se préoccuper de notre proximité. 

Un 11 mai à Longueuil

Le printemps ne laisse aucun répit aux naturalistes, même enrhumés. Figurez-vous que j'étais à quatre pattes dans mon jardin en train de chercher des traces de germination de semis automnaux et de repousse d'anciennes plantations lorsque j'entends un caquètement derrière moi, un caquètement dont je n'arrive pas à identifier le propriétaire. Alors évidemment, je me retourne, je cherche du regard dans l'arbre du voisin et qu'est-ce-que je vois ? Rien de moins que deux orioles du Nord s'échangeant quelques propos dans un langage que je n'avais jamais entendu auparavant. Le temps de sauter sur mon appareil photo, de prendre un cliché et les voilà partis dans le bois en arrière de chez nous. 
Ma blonde, qui s'y connait en nourrissage d'oiseau, me demande alors si on ne devrait pas disposer quelques quartiers d'orange dans le jardin, car chacun sait que l'oriole québécois adore piller les orangers. Aussitôt dit, aussitôt fait. Je suspends deux moitiés d'orange dans le vinaigrier, sans trop y croire.
Cinq minutes après, il était là.


Puisqu'il est là...

...autant en profiter. Sa gorge, noire ou rubis selon l'incidence du soleil, indique que c'est un mâle. La femelle à la gorge blanche arrive un peu plus tard.

Un 9 mai à Longueuil

Une mauvaise photo, mais pas complètement insignifiante, puisqu'elle témoigne du retour du Colibri à gorge rubis dans notre jardin, en fin d'après-midi, sous la pluie, et après 8 mois d'absence. Nous avions ouvert la buvette en prévision, car il arrive toujours entre le 8 et le 14 du mois de mai.  

Un 5 mai dans le boisé du Trembay

La floraison bat son plein en sous-bois.

Prêle des champs
Érythrone d'Amérique
Claytonie de Caroline
Moucherolle phébi

Bassin Story

Amateurs de télé-réalité, spectateurs de corps jeunes et sculptés en quête d'amour, d'argent et de gloire, cet article est pour vous. Mais attention, la suite contient des scènes de sexualité explicites.

Maintenant , si je dis "canard", à quoi pensez-vous ?
Si l'image qui se forme dans votre esprit est celle d'un magret, vous êtes un foodie,  si c'est celle d'un canard branchu, vous êtes un ornithologue québécois francophone, si c'est celle d'un colvert, vous faites partie de la majorité.
Car enfin, qui ne connait pas le colvert ? C'est l'archétype du canard, peut-être même le canard originel, en tout cas le plus répandu sur la planète avec 20 millions d'individus sauvages. C'est celui qui éclipse tous les autres. C'est aussi le plus proche de l'homme, si proche qu'il a été domestiqué, tellement proche qu'un couple de colvert a fait de notre bassin sa chambre nuptiale.      

Pour l'instant, le mâle et la femelle sont faciles à distinguer mais cela ne durera pas. Dans quelques semaines, après la nichée, les deux vont muer et le mâle va adopter un plumage semblable à la celui de la femelle qu'il gardera de juin à septembre environ.
Après avoir été chassé de toutes les piscines du voisinage, le couple a finalement choisi le bassin pour agrandir la famille. Cela fait maintenant quelques années que nous les voyons au printemps. Selon ce que l'on sait sur les habitudes des colverts, on peut supposer sans trop se tromper que la femelle est la même, car les canes reviennent généralement sur leur ancien lieu de nidification. Pour le mâle, c'est moins sûr. Le couple n'est monogame que le temps d'une saison, il se sépare à la fin de la nichée, et se reforme sur le lieu d'hivernage. 
Que dire de l'accouplement, sinon que la femelle retient son souffle en attendant que cela se passe. Pour ce qui est de la ponte (entre 6 et 15 œufs selon la richesse de l'alimentation) et de la couvaison (d'une durée de 28 jours environ), elles se font à l'écart de l'eau sur un nid d'herbes et de duvet, caché au pied d'un arbre ou dans les herbes hautes. Une fois les œufs éclos, la mère conduit les canetons à l'eau où elle leur append à trouver leur nourriture.

Un 30 avril dans le boisé du Tremblay

Hépatique d'Amérique

Le prix de la première floraison indigène du boisé a été remporté par l'hépatique d'Amérique, une première mention en ce qui me concerne. Le deuxième prix a toutes les chances d'aller à l'érythrone d'Amérique qui a étalé ses tapis en sous-bois. Le tussilage ne concourt pas, car c'est une fleur importée.

Érythrone d'Amé

À en juger par le nombre de frênes écorcés, j'ai l'impression que l'épidémie d'agrile qui sévit en Amérique du Nord va stimuler la croissance des populations de pic et d'autres espèces insectivores dans les années à venir. L'effet est peut-être déjà commencé pour le grimpereau brun, car je n'en ai jamais vu autant que cette année.

Galeries forées par l'agrile du frêne
Grimpereau brun

Un 29 avril dans le boisé du Tremblay



Il y a quelques jours, nous avions cru voir notre premier bruant des marais sans en être vraiment certains tant l'oiseau était furtif. Nous l'avons revu aujourd'hui et c'est confirmé: Melospiza georgiana est arrivé dans le marais. Il a même commencé à revendiquer son territoire.

Sanguinaire et frileuse



Après le tussilage, c'est au tour de la sanguinaire du Canada de fleurir le jardin. Malgré son nom, qu'elle doit à son latex orange vif, ses deux feuilles embrassant la fleur lui donne un petit côté attendrissant.

Un 21 avril au parc Michel Chartrand (Longueuil, Québec)

Le printemps est une saison que le naturaliste ne peut pas se permettre de manquer, car chaque jour apporte son lot de nouveautés. Aujourd'hui, j'ai vu ma première fleur sauvage de l'année, mon premier roitelet à couronne dorée, ma première grive fauve et mon premier pluvier kildir.

Tussilage farfara
Roitelet à couronne dorée

Grive fauve

Un 13 avril dans les îles de Boucherville

Les surprises du jour furent un merlebleu de l'Est et les Urubus à tête rouge: la première parce que nous ne nous attendions pas à trouver un merlebleu aussi tôt dans l'année et la deuxième parce que l'on n'a pas si souvent l'occasion de surprendre des urubus dans leur dortoir, en dépit du fait que ce sont des lève-tard.
Il y a deux raisons à la grasse matinée des urubus. L'une est de nature physiologique, puisqu'ils doivent laisser les muscles de leurs ailes se réchauffer. La seconde est technique puisque les urubus sont presque exclusivement des planeurs et doivent donc attendre que le soleil réchauffe l'atmosphère pour utiliser les courants d'air chaud ascendants et se déplacer. 

Marmotte du Canada
Urubus à tête rouge
Étourneau sansonnet
Merlebleu de l'Est

Un 21 avril dans le boisé du Tremblay

Une de mes journées préférées de l'année est celle du premier chœur des rainettes crucifères. Cela se produit au mois d'avril, soudainement, après une journée ensoleillée. Le matin, il n'y avait rien, puis l'eau du marais commence à se réchauffer et vers le milieu de l'après-midi des centaines de rainettes se mettent à chanter à l'unisson jusqu'à tard dans la nuit. Même si elles ne mesurent pas plus de 3 à 4 cm, elles font un bruit assourdissant. Ce sont les mâles qui chantent, perchés sur un roseau ou sur une branche en surplomb de l'eau, parfois dans l'eau. Ils ne se sont regroupés que pour l'accouplement et la ponte. Plus tard , ils s'éloigneront de l'eau pour vaquer à leurs occupations. Mais à quoi peut donc s'occuper une rainette crucifère ? À la maison, elles font parfois du jardinage dans nos plantes d'intérieur, rangent les épingles à linge, nous épient à travers la fenêtre de la cuisine ou viennent cueillir du houblon pour brasser leur bière.
Les grenouilles vont chanter ainsi pendant quelques jours pour s'attirer les faveurs d'une belle avant de redevenir silencieuses jusqu'à l'année prochaine. Alors le soir, on profite de ces instants privilégiés en ouvrant la fenêtre et en s'endormant au chant de la rainette.

Un 20 avril à Longueuil

Les bruants à gorge blanche sont arrivés hier aux alentours de midi. En attendant de se disperser dans le boisé du Tremblay en vue de la prochaine nichée, ils se refont des forces au jardin. Malheureusement, la place est déjà occupée par un bruant chanteur, qui en a fait son territoire depuis une quinzaine de jours et qui chasse tous tout intrus à sa table.

Un 17 avril au mont Saint-Bruno



Hier c'était l'anniversaire de ma blonde, c'était aussi la première journée du printemps. À ce propos, je propose que la première journée ensoleillée de l'année atteignant les 15°C soit décrétée journée officielle du printemps québécois et qu'en tant que telle, elle puisse faire l'objet d'un absentéisme en toute impunité. Et en attendant que cette proposition fasse son chemin jusqu'à l'Assemblée, je suis allé kidnapper ma compagne sur son lieu de travail pour aller honorer l'événement sur le mont Saint-Bruno.



En faisant un détour par la carrière abandonnée pour vérifier si les corbeaux qui traînent parfois par là n'avaient pas fait leur nid dans la falaise, nous avons été accueillis par un concert de grenouille des bois. Assis dans l’amphithéâtre pour profiter du moment, chauffés par le soleil, nous aurions pu facilement prendre racine si des fourmis dans nos pieds ne nous avaient pas encouragés à poursuivre le chemin. Ce fut un mal pour un bien, car plus loin, deux primeurs nous attendaient: une gélinotte huppée dont nous ne soupçonnions même pas l'existence dans ce parc et notre premier bruant familier de l'année.


Un 14 avril à Longueuil

Acheter un bungalow dans le 450, le rêve devient réalité pour ce jeune couple de Longueuil. Ils vont bientôt pouvoir bercer leur progéniture aux sons du Kärcher, du deux-temps de la tondeuse, de la scie à onglets et des écoles de pilotage de l'aéroport Saint-Hubert.


En attendant, les perce-neiges se prennent pour des brise-glaces.


Un 12 avril dans le boisé du Tremblay

Au Québec, il y a le printemps, qui se produit entre le 20 et le 21 mars comme partout dans l'hémisphère nord, et environ un mois plus tard, il y a la sortie de l'hiver. Le premier passerait complètement inaperçu si la chroniqueuse météo ne se faisait pas un plaisir de nous préciser son heure d'arrivée; la seconde se remarque au changement de plumage des oiseaux, à la sortie de la première marmotte et au gars qui se promène en bermuda par +5°C. 

Relent hivernal, ce sizerin flammé tarde à regagner son Grand-Nord natal
Pie-grièche boréale
Avec la mue prénuptiale, le chardonneret jaune abandonne son teint uniformément olivâtre pour adopter son style  jaune citron et front noir .

Un 9 avril à Longueuil

Si ce n'était le gazouillis des chardonnerets jaunes et le chant du Cardinal rouge, on pourrait se croire en hiver.

Un 7 avril au bord du Saint-laurent

Une promenade dominicale à la Saulaie et à l'arboretum Stephen-Langevin (Boucherville) nous a permis de constater que les migrations suivaient leur cours. De grands radeaux de canards plongeurs  composés principalement de grands harles et de garrots à œil d'or se laissaient dériver sur le fleuve, accompagnés de quelques goélands à bec cerclé et de nombreuses bernaches du Canada, très en voix.
Sur la rive, le bruant chanteur, à peine arrivé, commençait à prospecter son territoire et quelques tamias rayés faisaient le plein de vitamines sous l’œil intéressé d'une petite nyctale, qui ne déteste pas à l'occasion un tamia farci aux pommettes .