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En suivant la Jacques-Cartier

Je reviens d'un petit séjour de glamping au parc national de la Jacques-Cartier, séjour au cours duquel le muskol, la calamine et l'after-bite ont coulé à flots. 

Curieusement, en dépit des mouches noires (ces moucherons de moins de 5 mm qui partent avec un morceau de vous en laissant une goutte de sang au sommet d'une cloque douloureuse), des frappes-à-bord (une espèce de taon à la morsure tout aussi douloureuse) et des maringouins, la faune a étonnamment brillé par son invisibilité et son silence. À part une ou deux pistes de cerfs de Virginie, nous n'avons relevé aucune trace de gros mammifères au cours de nos randonnées, que ce soit des empreintes ou des excréments. Aucune vie non plus autour du chalet, à l'exception d'un écureuil roux qui mit beaucoup de temps à se dégêner.

Néanmoins, en remontant la rive de la rivière Jacques Cartier, nous avons quand même pu suivre des yeux une grande harle accompagnée puis chevauchée par ses trois canetons. Ce n'est qu'après avoir perdu de vue l'équipage au détour d'un méandre que nous avons remarqué que les deux billots de bois qui flottait au milieu de la rivière étaient en réalité deux castors en train de faire la planche au soleil.

Sinon, l'autre fait marquant du séjour fut d'être attaqué sauvagement – si, si, sauvagement – par une gélinotte huppée surgissant de nulle part et nous volant violemment  – si, si, violemment – dans les plumes, puis nous tournant autour sournoisement – si, si, sournoisement – jusqu'à ce que nous nous soyons suffisamment éloignés de ce qui devait être son nid. Je n'ai évidemment aucune image de cet incident peu glorieux.

Halte migratoire

Les migrations battent leur plein. Le moucherolle tchébec et le viréo à tête bleue sont arrivés hier au boisé du Tremblay et ce matin, aux étangs Antoine-Charlebois, nous avons croisé des parulines à croupion jaune, à collier et jaunes, un tyran tritri et un viréo mélodieux. Un pygargue à tête blanche nous est aussi passé au-dessus de la tête, littéralement. 

De retour à la maison, nous avons répandu à la volée quelques graines mélangées, comme nous le faisons toujours pendant la saison des migrations. Les bruants de passage se sont évidemment précipités dessus, ce qui a piqué la curiosité d'un cardinal à poitrine rose. On le voit régulièrement au jardin, mais cette année, c'est sa première apparition depuis qu'il est arrivé du sud, il y a deux ou trois jours.

Bien sûr, toute cette agitation a attisé la curiosité des voisins dont certains auraient aimé se joindre à la table, notamment la marmotte. Mais je ne me laisserai pas attendrir par son regard suppliant. Sous ses allures bon enfant, c'est un ogre et lui ouvrir la porte, c'est faire le deuil de son jardin. Surtout celle-là, nous nous connaissons bien.

Retrouvailles

Il y a des animaux dont nous surveillons attentivement le retour à la maison, des animaux avec lesquels nous avons tissé des liens particuliers, des animaux qui sont aussi des indicateurs de la santé de notre environnement et, d'une certaine façon, du monde.

Parmi ceux-ci, il y avait un couple de colverts qui venaient barboter dans le bassin et qui sont portés manquants depuis l'année dernière. Il y a aussi les fourmis charpentières qui, chaque année, tentent désespérément de s'installer dans le cadre des fenêtres les plus proches de la vigne vierge et que je chasse inlassablement. Cette année, c'est déjà chose faite. 

Et puis, il y a les tamias rayés dont nous surveillons le retour depuis que nous n'avons plus de chats. Je peux d'ores et déjà annoncer qu'ils ont bien passé l'hiver. Depuis une semaine, nous en voyions trotter deux derrière la clôture. Méfiants comme au début de chaque nouvelle relation, ils ignoraient nos appels, mais, samedi dernier, nous avons renoué autour d'un tas de graines de tournesol. 

Premières neiges, premières traces

Ce matin, je regardais par la fenêtre de la salle de bain pour m'enquérir de la météo. Il avait neigé dans la nuit et un animal avait laissé une piste dans l'entrée et sur la route. De loin, la piste double et la grosseur des empreintes faisaient penser à une moufette rayée qui aurait fait un aller-retour; cela est déjà arrivé.

En allant examiner les traces de plus près, tout indiquait qu'il s'agissait plutôt d'un raton laveur: la longueur des doigts, la différence des empreintes postérieures et antérieures et l'alternance des pas. Pourtant, il y avait quelque chose qui ne collait pas: toutes les empreintes allaient dans la même direction et il y en avait trop pour un seul animal. 

C'est en suivant la piste sur la route et en la voyant se séparer (photo de droite) que j'ai compris qu'il y avait deux ratons. Il s'agissait probablement d'un jeune et de sa mère, car bien qu'ils naissent vers avril-mai et soient sevrés à quatre mois, les jeunes passent généralement le premier hiver avec leur mère.  

Solitaires mais...

Une étude publiée en 2010 a montré qu'en dépit d'un tempérament qui le pousse à la solitude, l'écureuil roux d'Amérique n'est pas dénué d'esprit de famille. Ainsi, sur 2230 portées recensées en 19 ans, les chercheurs ont relevé cinq cas d'adoption. Bien que le chiffre soit faible, il a ceci de remarquable que ces adoptions concernaient toujours la progéniture d'un proche parent, suggérant que les écureuils roux, bien qu'asociaux, reconnaissent les liens de parenté. 

Source: Gorrell, J., McAdam, A., Coltman, D. et al. Adopting kin enhances inclusive fitness in asocial red squirrels. Nat Commun 1, 22 (2010). https://doi.org/10.1038/ncomms1022

Un rat sur son trente-et-un

Le rat musqué (Ondatra zibethicus) qui a été introduit en Europe où il côtoie le ragondin (Myocastor coypus) aime se faire beau pour passer le réveillon au chaud au fond de son terrier du marais de l'île Bizard.

Des orig(i)naux

Il y a quelques jours, nous campions, ma blonde et moi, au parc national du lac Témiscouata. C'était hors saison et en semaine, la meilleure période quand on n'aime pas partager la nature avec n'importe qui. Il y avait quelques-unes de ces mouches minuscules que l'on appelle mouches noires ou brûlots et qui vous laissent en remerciement de leur repas une goutte de sang, une belle enflure et des démangeaisons à n'en plus finir. C'était le prix à payer pour obtenir cette tranquillité que l'on ne trouve que loin des routes et des habitations.

Ce fut l'occasion d'apprendre que Grey Owl avait séjourné dans le parc, quand il n'en était pas encore un, dans une cabane au bord du lac à foin. Ce fut aussi l'occasion d'une rencontre inhabituelle avec trois orignaux. Ce n'était pas la première fois que nous croisions le chemin d'un orignal, parfois au sens littéral de l'expression. Toutefois, nos rencontres précédentes s'étaient toujours déroulées entre chien et loup, tôt le matin ou tard dans la journée, et n'impliquait qu'un seul individu ou une mère et son veau.

Cette fois-ci, nous étions en tout début d'après-midi et ils étaient trois. Nous marchions sur la rive du Grand lac Touladi, là où il donne naissance à la rivière Touladi. Invisibles pour eux et marchant en silence, nous les avons vus sortir du bois sur l'autre rive, relativement proche à cet endroit; Grey Owl aurait pu dire qu'elle était à portée de flèche. Ils donnaient l'impression de vouloir traverser et nous sommes descendus sur la rive pour les filmer tout en nous signalant à eux. Je ne m'y connais pas assez en orignal pour expliquer l'association de ces deux mâles et de cette jeune femelle en cette saison (sur la vidéo ci-dessous, vous remarquerez les bois naissants des mâles et la tache vulvaire blanche de la femelle). En revanche, j'ai pu constater de mes propres yeux que la réputation de bon nageur de l'orignal n'était pas surfaite. Je ne suis pas sûr d'avancer aussi vite en canoe.

Signe de vie

Même si ce n'est pas agréable à ramasser, un bac de déchets organiques renversé sur le bord de la route est un indice de la présence des ratons laveurs qu'il me fait toujours plaisir de relever.

Trafic de nuit

Bon, le printemps est encore loin mais je commence à m'ébrouer et à sortir de ma tanière. Apparemment, je ne suis pas le seul et la petite neige de la nuit dernière a laissé deux belles pistes dans l'entrée.

Il y a le Y quotidien du lapin à queue blanche (le lièvre est improbable dans notre coin) qui vient brouter mon hamamélis de Virginie. D'ailleurs, s'il continue, c'est moi qui vais le manger.

De la gauche vers la droite, le maudit lapin. Du haut vers le bas, la moufette rayée 

L'autre trace est une nouveauté, bien que j'aie déjà eu plusieurs face-à-face pacifiques avec sa propriétaire. Le rythme de la piste (1,2,1...1,2,1...), la patte postérieure un peu plus longue qui laisse voir un "talon", je parierais que c'est mon amie la moufette rayée. Elle est au galop lent, l'allure qu'elle adopte pour traverser une zone à découvert.

Ici, la moufette se déplace de droite à gauche. 
De droite à gauche : patte postérieure, antérieure, postérieure au-dessus - antérieure au-dessous, postérieure et ainsi de suite
Patte antérieure (au centre) sur laquelle on voit de gauche à droite: les griffes, les coussinets digitaux, le coussinet plantaire et une esquisse de coussinet carpien. Sur la patte postérieure (à gauche), le coussinet carpien est beaucoup plus apparent.

Un 2 mai à la Pointe Pelée (Ontario)

 

C'était au parc national de Pointe-Pelée; il était très tôt le matin et il ne faisait pas chaud. Nous venions voir les oiseaux migrateurs qui se reposent après la traversée du lac Érié et nous avons dérangé ce lapin à queue blanche.

Créez votre proverbe

À partir de la fin décembre, on a toujours une petite troupe de cerfs de Virginie qui passe ramasser les graines tombées des mangeoires.  Cette année, cela fait une semaine que nous avons commencé à les voir. Mais comme on dit: "Cerfs aux mangeoires, neige à pleuvoir" à moins que ce soit "Cerfs aux mangeoires, gel à prévoir".

C'est écrit dans la marge

L'année dernière, à peu près à la même époque, je manifestais avec quelques résidents du quartier pour arrêter des travaux visant à faire passer un boulevard dans un milieu protégé. Nous réussîmes à faire stopper le projet, mais pas à empêcher la destruction du milieu.

Comme il était vaguement question de contraindre le promoteur à restaurer le milieu, j'y suis retourné récemment pour constater l'état des lieux sans trop me faire d'illusion. 

Sans surprise, rien n'a changé après un an. L'artificialisation des sols a été telle que même la végétation a du mal à recoloniser l'endroit. Quant à la faune, celle qui a survécu, on pourrait croire qu'elle a fui. Pourtant, si on s'affranchit du cadre et des perspectives où la rectitude s'impose et si l'on sort du sentier battu pour s'attarder dans la marge, la vie est là, à l'état de traces.

Dans les fossés, il y a souvent un peu de boue pour retenir les pas.   
Ici, probablement un raton laveur 
Et là, un cerf de Virginie avec les deux doigts du sabot surmontant les deux ergots. 

Le bunker

Les tamias du jardin adorent leur terrasse avec piscine et rampe d'accès. Placée au coin du cabanon, à proximité d'un terrier qu'ils utilisent comme garde-manger, ils viennent souvent s'y désaltérer ou observer les environs avant de se lancer à découvert pour aller récupérer les graines que nous éparpillons dans l'herbe.

Les écureuils gris ont vite repéré cette manne et ont décidé d'occuper le terrain. Ce fut l'occasion pour quelques-uns de s'offrir un voyage en "hybride", loin, loin, loin... Pour essayer de contrer les autres, nous avons installé le "bunker". Évidemment, ça ne fonctionne pas (ils réussissent à se faufiler), mais comme il plait beaucoup aux tamias qui s'y sentent en sécurité, on le laisse. D'ailleurs, dès qu'ils sentent notre présence dans le jardin, ils se manifestent en nous tournant autours puis vont s'installer dans le bunker pour attendre leur repas.

Un 11 mai à Longueuil

Aujourd'hui, ménage du cabanon de jardin sous la supervision attentive du tamia rayé au cas où les souris auraient laissé traîner une graine.

Au jardin, si ce n'était les sanguinaires défleuries, on pourrait presque se croire en France, avec un mois de retard tout de même.

Un 30 avril à Pointe-Pelée

Le temps se réchauffe tranquillement; on a laissé tomber les collants, mais les forts vents d'est d'aujourd'hui ne permettent pas aux oiseaux de traverser le lac. Demain, il va pleuvoir et les vents vont tourner au sud; la fin de journée nous réservera peut-être quelques bonnes surprises.

Aujourd'hui, nous en sommes à 102 espèces d'oiseaux et nous avons ajouté entre autres à notre liste, un troglodyte de Caroline, une macreuse à front blanc, un raton laveur à l'air patibulaire et quelques "pas sympas" tiques, heureusement repérées avant qu'elles ne s'installent pour casser la croûte. Il va falloir que nous soyons plus prudents et plus attentifs après nos déplacements.

Côté plantes, nous avons enfin trouvé le fameux cactus de Pointe-Pelée, l'Opuntia cespitosa, mais j'en parlerai demain puisqu'il pleuvra.     

Troglodyte de Caroline
Macreuse à front blanc

Raton d'avril

Aujourd'hui vendredi, c'est jour de ramassage des déchets organiques, un jour que les ratons laveurs ont marqué d'une croix dans leur agenda.

La rencontre de 2021

C'était le 30 juin, notre dernier jour sur l'île aux Basques, dans le bas du fleuve. C'était un jour de brume, de celle qui mouille comme de la pluie et qui incite à attendre le bateau au chaud, au coin du poêle. Mais voilà, il fallait que j'aille récupérer le piège photographique que j'avais sanglé à un arbre en bordure de ce que j'avais pris pour une piste d'orignal.

Pourtant, chaque matin, l'indicateur de prise de vue me signifiait que je m'étais trompé. Et encore, ce matin, je repartirai bredouille. L'île a beau être toute petite et les orignaux imposants, nous n'en aurons vu que des traces: le broutage des buissons, les empreintes de sabots, quelques excréments, un bruit de galop dans le bois lors d'une marche sur la rive et un flanc dans une trouée de la végétation. 

Dernier retour vers le refuge, je regarde par terre au cas où j'aurais manqué une plante et j'entends ma blonde derrière moi chuchoter d'un ton stressé: "Jean-François, à droite". M..., il est là, À une quinzaine de mètres. Il broute et relève à peine la tête pour évaluer le danger. Trop près pour le fixer, je baisse les yeux pour ne pas l'inquiéter et je recule tranquillement, histoire de nous laisser à tous les trois une marge de manœuvre. Nous avons pu constater à Terre-Neuve, la patrie des orignaux, que malgré leur taille, ces animaux peuvent détaler comme des lapins quand ils sont surpris. Aussi, prudence.

Il avance, nous reculons. Nous comprenons que nous sommes sur son chemin. Alors, avant qu'il soit complètement sur le nôtre et que nous nous empêchions mutuellement de passer, nous décidons de le croiser pour lui laisser le champ libre en avançant d'un pas décidé, mais pas précipité, et en le surveillant du coin de l'œil. Voilà, c'est fait. On peut maintenant profiter du spectacle.

L'île de la Visitation animale

Bihoreau gris

Lorsque nous habitions à Montréal et que nous voulions voir des bihoreaux gris, nous nous rendions en fin de journée sur le petit pont qui mène à l'Île-de-la-Visitation. 

L'année dernière, les circonstances m'y ont ramené et ils sont toujours là. Peut-être y sont-ils depuis toujours, rêvant des temps meilleurs dépeints dans les vieilles histoires transmises de génération en génération. 

Marmotte commune
Grand héron
Hirondelle bicolore
Canards noirs
Bernaches du Canada
Pigeon biset