Un 25 mai autour des étangs Antoine-Charlebois

La semaine dernière, le printemps pluvieux et le débordement des étangs avaient limité notre exploration des lieux. C'est donc chaussés de nos bottes que nous y sommes retournés. Les trientales boréales commençaient à fleurir, les parulines rayées se régalaient des premiers insectes et les sangsues exploraient leur nouveau territoire sans savoir que ses nouvelles frontières n'étaient que provisoires.

Trientale boréale

Paruline rayée

Un 20 mai autour des étangs Antoine-Charlebois

L'année dernière, en découvrant le parc des Étangs-Antoine-Charlebois, je m'étais promis d'y revenir et peut-être même d'en faire un lieu de pèlerinage. J'y suis donc retourné et ce ne sera pas la dernière fois.
Avec la seule aide du temps, la nature a repris ses droits sur cette sablière abandonnée. Il ne restait plus qu'à protéger les lieux en leur donnant le statut de parc et en traçant quelques sentiers pour canaliser les visiteurs; ce qu'a très bien réussi la municipalité de Sainte-Julie.


Bihoreau gris
Violette lancéolée
Prêle d'hiver

Un 22 mai dans le boisé du Tremblay

Des parulines, toujours des parulines et quelques nouvelles fleurs.

Paruline à flancs marron

Paruline à calotte noire

Ronce pubescente
Actée rouge

Une ombre sur Pleasantville

L'occupation de la fin de semaine dernière dans le 450 (l'indicatif téléphonique de la banlieue de Montréal) était la restauration des pelouses après un hiver difficile: ratissage, aération, éradication des "mauvaises herbes", ensemencement, engraissage, arrosage, sans oublier le démarrage-test des tondeuses.



Dans cette reprise frénétique de la pratique du culte de la pelouse, il arrive parfois des accidents. Ainsi, un de mes voisins emporté par son enthousiasme m'avouait qu'il avait brûlé son gazon en surdosant son herbicide. Sur le coup, je compatissais presque. C'était juste avant de découvrir l'unique survivant d'une talle d'asaret du Canada d'un mètre carré que j'avais réussi à préserver le long de notre clôture commune.
Ce n'était pas grand chose, juste des paires de feuilles en forme de cœur. Mais bon, j'ai quand même été déçu. Désespéré non, il y a longtemps que j'ai dépassé le stade du désespoir. Le militantisme écologique, ça aussi, abandonné; à quoi bon s'attirer les foudres de la masse. Non aujourd'hui, c'est le silence, le constat des méfaits et la poursuite de mon idéal en ermite. Évidemment, toute cette végétation crée un peu d'ombre à Pleasantville.

Devinez où j'habite.

Un 19 mai dans le boisé du Tremblay

On entend souvent le "tipié - tipié - tipié" sonore de la paruline couronnée dans les forêts décidues à l'est des Rocheuses. Pourtant, on la voit rarement, probablement parce qu'on la cherche trop haut. Cette paruline vit au sol, qu'elle arpente à la recherche de nourriture; elle y niche aussi. Parfois elle se perche à hauteur de femme pour entonner son chant.
Cette fois, nous avons eu la chance de croiser son chemin. Omnubilée par la recherche de son petit-déjeuner, elle a fini par oublier notre présence pour venir à notre rencontre.

Paruline couronnée

Paruline à gorge orangée
Paruline à gorge orangée
Paruline à tête cendrée

Moucherolle tchébec
Lapin à queue blanche

Un 18 mai dans le boisé du Tremblay

En dépit des vélos qui continuent à circuler malgré l'interdiction, des chiens avec des laisses de plus de deux mètres dans lesquelles je me suis empêtré et des photographes paresseux ou impatients, qui appellent les oiseaux avec des enregistrements en pleine période d'établissement de leur territoire de nidification, il y avait de belles choses à voir dans le boisé. Et encore, je ne vous montre pas tout.
Au fait, pourquoi est-il déconseillé d'appeler les oiseaux en période de nidification ? Avis aux photographes ignorants : comme les oiseaux n'ont pas inventé d'autres armes que le chant pour revendiquer leur territoire, faire jouer un enregistrement en boucle et à plein volume donne le signal à l'oiseau déjà là qu'un concurrent mieux armé a décidé de s'installer. Le plus faible va donc céder la place. Par conséquent, vous le verrez peut-être s'énerver autour de vous pendant un moment, mais ce sera la dernière fois. Par ailleurs, comme la population des photographes augmente, que les territoires disponibles pour les oiseaux s'amenuisent, il y a de fortes chances que cet oiseau ne se reproduise pas. Alors, je sais bien qu'il est difficile de se contraindre et de se priver du plaisir d'une photo prise déjà mille fois, mais...


Maïanthème du Canada
Amélanchier du Canada
Fraisier des bois
Paruline noir et blanc
Paruline à croupion jaune
Paruline bleue
Paruline jaune
Bruant à couronne blanche
Piranga écarlate
Moqueur chat

La cane et moi

C'est la fin de la journée. Je viens m'asseoir au bas des marches, face au bassin. Le temps de synchroniser mon rythme à celui du jardin, je vois alors l'oriole occupé à manger son orange, le va-et-vient des deux colibris, le pic mineur à la recherche de larves dans l'écorce du sureau et le couple de colvert au milieu des tulipes qui sort du bassin pour venir chercher sa poignée de grains.

Un 15 mai dans le boisé du Tremblay

Le meilleur moment pour observer les oiseaux est tôt le matin au lever du soleil. Pour les écouter, il vaut même mieux précéder le soleil d'une demi-heure. Cela ne veut pas dire que l'on ne peut pas faire de belles observations dans la soirée, comme celle de ce tyran huppé qui chassait les insectes autour de nous sans se préoccuper de notre proximité. 

Un 11 mai à Longueuil

Le printemps ne laisse aucun répit aux naturalistes, même enrhumés. Figurez-vous que j'étais à quatre pattes dans mon jardin en train de chercher des traces de germination de semis automnaux et de repousse d'anciennes plantations lorsque j'entends un caquètement derrière moi, un caquètement dont je n'arrive pas à identifier le propriétaire. Alors évidemment, je me retourne, je cherche du regard dans l'arbre du voisin et qu'est-ce-que je vois ? Rien de moins que deux orioles du Nord s'échangeant quelques propos dans un langage que je n'avais jamais entendu auparavant. Le temps de sauter sur mon appareil photo, de prendre un cliché et les voilà partis dans le bois en arrière de chez nous. 
Ma blonde, qui s'y connait en nourrissage d'oiseau, me demande alors si on ne devrait pas disposer quelques quartiers d'orange dans le jardin, car chacun sait que l'oriole québécois adore piller les orangers. Aussitôt dit, aussitôt fait. Je suspends deux moitiés d'orange dans le vinaigrier, sans trop y croire.
Cinq minutes après, il était là.


Puisqu'il est là...

...autant en profiter. Sa gorge, noire ou rubis selon l'incidence du soleil, indique que c'est un mâle. La femelle à la gorge blanche arrive un peu plus tard.

Un 9 mai à Longueuil

Une mauvaise photo, mais pas complètement insignifiante, puisqu'elle témoigne du retour du Colibri à gorge rubis dans notre jardin, en fin d'après-midi, sous la pluie, et après 8 mois d'absence. Nous avions ouvert la buvette en prévision, car il arrive toujours entre le 8 et le 14 du mois de mai.  

Un 5 mai dans le boisé du Trembay

La floraison bat son plein en sous-bois.

Prêle des champs
Érythrone d'Amérique
Claytonie de Caroline
Moucherolle phébi

Bassin Story

Amateurs de télé-réalité, spectateurs de corps jeunes et sculptés en quête d'amour, d'argent et de gloire, cet article est pour vous. Mais attention, la suite contient des scènes de sexualité explicites.

Maintenant , si je dis "canard", à quoi pensez-vous ?
Si l'image qui se forme dans votre esprit est celle d'un magret, vous êtes un foodie,  si c'est celle d'un canard branchu, vous êtes un ornithologue québécois francophone, si c'est celle d'un colvert, vous faites partie de la majorité.
Car enfin, qui ne connait pas le colvert ? C'est l'archétype du canard, peut-être même le canard originel, en tout cas le plus répandu sur la planète avec 20 millions d'individus sauvages. C'est celui qui éclipse tous les autres. C'est aussi le plus proche de l'homme, si proche qu'il a été domestiqué, tellement proche qu'un couple de colvert a fait de notre bassin sa chambre nuptiale.      

Pour l'instant, le mâle et la femelle sont faciles à distinguer mais cela ne durera pas. Dans quelques semaines, après la nichée, les deux vont muer et le mâle va adopter un plumage semblable à la celui de la femelle qu'il gardera de juin à septembre environ.
Après avoir été chassé de toutes les piscines du voisinage, le couple a finalement choisi le bassin pour agrandir la famille. Cela fait maintenant quelques années que nous les voyons au printemps. Selon ce que l'on sait sur les habitudes des colverts, on peut supposer sans trop se tromper que la femelle est la même, car les canes reviennent généralement sur leur ancien lieu de nidification. Pour le mâle, c'est moins sûr. Le couple n'est monogame que le temps d'une saison, il se sépare à la fin de la nichée, et se reforme sur le lieu d'hivernage. 
Que dire de l'accouplement, sinon que la femelle retient son souffle en attendant que cela se passe. Pour ce qui est de la ponte (entre 6 et 15 œufs selon la richesse de l'alimentation) et de la couvaison (d'une durée de 28 jours environ), elles se font à l'écart de l'eau sur un nid d'herbes et de duvet, caché au pied d'un arbre ou dans les herbes hautes. Une fois les œufs éclos, la mère conduit les canetons à l'eau où elle leur append à trouver leur nourriture.

Un 30 avril dans le boisé du Tremblay

Hépatique d'Amérique

Le prix de la première floraison indigène du boisé a été remporté par l'hépatique d'Amérique, une première mention en ce qui me concerne. Le deuxième prix a toutes les chances d'aller à l'érythrone d'Amérique qui a étalé ses tapis en sous-bois. Le tussilage ne concourt pas, car c'est une fleur importée.

Érythrone d'Amé

À en juger par le nombre de frênes écorcés, j'ai l'impression que l'épidémie d'agrile qui sévit en Amérique du Nord va stimuler la croissance des populations de pic et d'autres espèces insectivores dans les années à venir. L'effet est peut-être déjà commencé pour le grimpereau brun, car je n'en ai jamais vu autant que cette année.

Galeries forées par l'agrile du frêne
Grimpereau brun