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Les reptiles, amphibiens et poissons du Boisé du Tremblay

Du côté des vertébrés poïkilothermes (À sang froid), rien n'a changé cette année dans le guide "Reptiles, Amphibians and Fishes of Boisé du Tremblay" ; nous en sommes toujours à six espèces de serpents, trois de grenouilles et deux de poissons.

Je profite tout de même de l'occasion pour faire une petite mise au point. Chaque fois que j'ajoute une couleuvre rayée à la liste des espèces observées dans le boisé, on me corrige, fort probablement avec raison, qu'il s'agit d'une couleuvre rayée de l'Est. La différence entre les deux est que la couleuvre rayée est le nom français de l'espèce Thamnophis sirtalis alors que la couleuvre rayée de l'Est est celui de la sous-espèce Thamnophis sirtalis sirtalis ; une précision supplémentaire donc.

Quand je suis d'humeur taquine, j'aime demander à mon correcteur quels critères de la photo lui permettent d'identifier la sous-espèce. On me répond inévitablement : le patron de couleur et la distribution géographique. Si le second est certainement le plus valable, il reste néanmoins approximatif puisque les aires de distribution bougent, se chevauchent et que les sous-espèces s'hybrident fréquemment dans les zones de chevauchement.  Quant aux critères morphologiques, il faut malheureusement plus qu'un patron de couleur pour identifier la sous-espèce d'une couleuvre rayée (la thèse citée dans les références donne une bonne idée de la question). 

En fait, on dénombre aujourd'hui 13 ou 14 sous-espèces de couleuvres rayées réparties dans toute l'Amérique du Nord, dont cinq, je crois, au Canada. La plus proche d'ici (Longueuil), Thamnophis sirtalis pallidus est même en Gaspésie. Cette classification a été établie à partir de critères morphologiques précis (qui n'apparaissent pas toujours sur une photo) parmi lesquels : la coloration des bandes dorsales et latérales, les motifs des écailles, la taille ou les proportions corporelles et la distribution géographique. C'est la méthode classique, mais ancienne, de distinction des espèces vivantes.  

Cependant, depuis que l'on sait interroger l'ADN, cette classification est sujette à controverse dans le monde des scientifiques qui s'intéressent à la phylogénie de cette couleuvre et à l'histoire de sa conquête du continent. On s'est même aperçu que les données génétiques ne soutiennent pas vraiment la division taxonomique établie sur des critères morphologiques. Ainsi, beaucoup de sous-espèces ne correspondent pas à des clades génétiques monophylétiques ; ce qui signifie en gros qu'une sous-espèce bien définie morphologiquement regroupe plusieurs familles génétiques. À l'opposé, des sous-espèces différentes morphologiquement peuvent être génétiquement imbriquées. Et enfin, des lignées génétiques bien différenciées ne correspondent à aucune sous-espèce décrite.

En fait, ce qui fait consensus dans la science des couleuvres rayées est que l'espèce est particulièrement polymorphe et que nous avons défini beaucoup trop de sous-espèces. 

Références:

  • Boundy, J. (1999) Systematics of the Common Garter Snake, Thamnophis Sirtalis. Doctor of Philosophy. Louisiana State University and Agricultural & Mechanical College. Disponible sur: https://doi.org/10.31390/gradschool_disstheses.7070.
  • Hallas, J.M., Parchman, T.L. et Feldman, C.R. (2022) « Phylogenomic analyses resolve relationships among garter snakes (Thamnophis: Natricinae: Colubridae) and elucidate biogeographic history and morphological evolution », Molecular Phylogenetics and Evolution, 167, p. 107374. Disponible sur: https://doi.org/10.1016/j.ympev.2021.107374.
  • Janzen, F.J. et al. (2002) « Molecular phylogeography of common garter snakes ( Thamnophis sirtalis ) in western North America: implications for regional historical forces », Molecular Ecology, 11(9), p. 1739‑1751. Disponible sur: https://doi.org/10.1046/j.1365-294X.2002.01571.x.
  • Jones, L.N., Leaché, A.D. et Burbrink, F.T. (2023) « Biogeographic barriers and historic climate shape the phylogeography and demography of the common gartersnake », Journal of Biogeography, 50(12), p. 2012‑2029. Disponible sur: https://doi.org/10.1111/jbi.14709.
  • Placyk Jr., J.S. et al. (2007) « Post-glacial recolonization of the Great Lakes region by the common gartersnake (Thamnophis sirtalis) inferred from mtDNA sequences », Molecular Phylogenetics and Evolution, 43(2), p. 452‑467. Disponible sur: https://doi.org/10.1016/j.ympev.2006.10.023.


Les mammifères du Boisé du Tremblay

L'année 2025 a été riche en observations puisque les visiteurs naturalistes du Boisé du Tremblay ont ajouté 4,5 espèces de mammifères au guide "Mammals of Boisé du Tremblay". 

Je vous explique le demi dans un instant, mais tout de suite, je voudrais souligner le travail de Vincent Auclair, acousticien spécialiste des chiroptères, qui ajoute deux espèces de chauve-souris à la biodiversité du Boisé du Tremblay: le Murin argenté et la Sérotine brune.

Parmi les ajouts, il faut aussi signaler deux représentants des mustélidés : l'Hermine d'Amérique et le Vison d'Amérique.

Passons maintenant à l'explication de la demi-espèce supplémentaire. En réalité, ce demi fait référence à une espèce à part entière, mais souligne une approximation concernant son identification. Plus clairement, jusqu'à présent, seule la Souris sylvestre (Peromyscus maniculatus) avait été rapportée dans le boisé. Étrangement, aucune Souris à pattes blanches (Peromyscus leucopus) n'y avait été vue. Pourtant, ces deux souris partagent souvent le même habitat et des habitudes de vie très similaires, au point même de parfois se plaire et de s'accoupler (cela reste encore exceptionnel au Québec). 

Tout ça pour vous dire comme elles sont semblables. Néanmoins, cela n'empêchait pas quelques prétentieux, dont je faisais partie, d'imaginer pouvoir les distinguer. Eh bien, sachez que si vous vous contentez de les regarder, il n'y a qu'une chance sur deux que vous arriviez à les identifier correctement. En d'autres mots, c'est pile ou face.

En effet, seule une analyse génétique permet de les identifier avec certitude. Évidemment, c'est une méthode longue et impossible à mettre en œuvre sur le terrain. Aussi, quelques biologistes sont parvenus, localement, à établir une équation combinant quelques mensurations clés comme la longueur du crâne, le rapport longueur de la queue / longueur du corps, le poids, la longueur de l'oreille et la longueur de la patte postérieure, afin d'obtenir une identification fiable à partir de critères mesurables sur le terrain. Dans le meilleur des cas, la fiabilité est de 97 à 98 % ; ce qui est déjà énorme. J'ai précisé plus haut que ces expériences sont locales. En effet, les résultats validés par une comparaison avec l'ADN ne peuvent s'appliquer que localement et doivent être réajustés quand on change de région, car le milieu et l'évolution des populations influencent la morphologie des souris.

Par conséquent, puisqu'il est quasiment impossible de distinguer les deux souris et que les deux espèces sont présentes dans le sud du Québec, j'ai arbitrairement ajouté la souris à pattes blanches (Peromyscus leucopus) à liste du guide des mammifères du Boisé du Tremblay.

Références:


Les oiseaux du Boisé du Tremblay

Le 7 janvier 2025, date de la dernière mise à jour, le guide "Birds of Boisé du Tremblay" contenait cent vingt-deux espèces d'oiseaux. Il en compte maintenant 125.

Au cours de 2025, les observateurs qui ont fréquenté le boisé ont ajouté : la Bécassine de Wilson, la Paruline à joues grises et le Troglodyte de Caroline.

Il est à noter que les gobemoucherons gris-bleu qui ont niché trois années de suite en bordure du chemin, entre l'entrée "chemin du Tremblay" et l'entrée du coin "Cantin/Braille", ne sont plus rapportés depuis deux ans. Ils ont probablement battu en retraite devant les bucherons qui ont "sécurisé" les lieux pour que les promeneurs de chien puissent s'exercer au lancer de sac à crottes.

Il ne reste plus à espérer que les oiseaux se soient enfoncés dans le bois à la recherche de tranquillité.

La mise à jour des autres guides suivra sous peu.

Un 30 novembre dans le boisé du Tremblay

Malgré sa taille relativement petite, la pie-grièche est une tueuse de rongeurs redoutable

Matinée grise, venteuse et neigeuse. En somme, aucune raison de sortir si ce n'était cette alerte des oiseaux rares tombée dans ma boite à courriel qui signalait un moqueur polyglotte dans le boisé du Tremblay. 

D'habitude, nous n'y allons pas à cause des attroupements que suscite ce genre d'alertes, mais l'occasion de ne pas céder au confort et à la facilité était trop belle et nous avons chaussé nos bottes. Après quelques pas d'adaptation au vent glacial, le plaisir de la marche l'a emporté sur tout le reste. 

Nous avons cherché le moqueur en vain. Le seul oiseau gris que nous avons trouvé est une pie-grièche boréale qui chassait malgré les bourrasques.

Le boisé des curiosités

En fin d'après-midi, quoi de mieux qu'une promenade dans le boisé du Tremblay pour se débarrasser des soucis du quotidien. Hier, il avait des allures de cabinet des curiosités.

Une grive bien solitaire
Un banc de feuilles
Des perles de houx
Un tamia gargouille
À l'écart du chemin: un cercle de pierres, un autel, des offrandes et cette épitaphe...

Une histoire de chasse

Il y a deux semaines, quelque part dans le boisé du Tremblay, j'avais repéré un terrier de rat musqué au bord d'un ruisseau anonyme. Son entrée est submergée, mais un rond incongru dans une eau au demeurant stagnante m'avait mis la puce à l'oreille. Finalement, après quelques minutes d'attente pour en avoir le cœur net, l'habitant avait fini par se montrer. 

Depuis, quand je passe par là, je jette un œil au cas où. Il y a trois jours justement, je m'en approchais avec ma blonde. Allant voir en éclaireuse, elle m'a lancé un "il est là", puis un "ah non, c'est autre chose" qui m'a fait presser le pas. En arrivant, j'ai d'abord vu beaucoup d'agitation dans l'eau et un jeune rat musqué pas très habile en natation, un flotteur plus qu'un nageur. Soudainement, un autre animal s'est approché de lui à la nage. Trop occupé à essayer de l'identifier, je n'ai pas trop compris ce qui se passait alors. Après coup, je comprends que le juvénile venait de se faire attaquer par un vison d'Amérique. Ensuite, le vison m'a vu et le rat musqué a profité de l'hésitation de son prédateur pour plonger dans son terrier. 

Le vison n'a pas renoncé pour autant. Il s'est mis à arpenter les berges en amont et en aval, tantôt à la nage, tantôt à gué, à la recherche de sa proie. Le manège a duré ainsi pendant une bonne quinzaine de minutes, jusqu'à ce que, d'un seul coup, il se fasse charger sur la berge par un rat musqué beaucoup plus gros que lui, probablement l'un des parents. Il y a eu un bref moment de chahut dans les hautes herbes, puis tout le monde a disparu.

Promenade de santé

Neuf étamines, anthères blanches, 3 ou 4 styles 

Ce matin, je suis allé faire une ballade dans le boisé du Tremblay. C'était une marche de santé, rapide, sans appareil photo, juste mon cellulaire avec "Merlin" ouvert pour identifier et ré-apprendre comme chaque année les chants d'oiseaux, et le K-Way de mes 15 ans roulé en boule au cas où la nature mettrait sa menace à exécution.   

Hé bien, je suis rentré sec avec 34 espèces d'oiseaux en poche, dont un paquet de parulines, et une photo d'Aubépine dorée (Crataegus chrysoxcarpa

Bractéoles linéaires et glanduleuses, sépales denticulées et glanduleuses, ramifications de l'inflorescence villeuses
Feuille ovale à rhombique

Trois pruniers de plus

Hier, je suis allé rendre visite au prunier noir trouvé l'année dernière dans le boisé du Tremblay. Je voulais savoir comment il avait passé l'hiver et si les cantonniers chargés d'entretenir les abords du chemin — comprenez : faucher tout ce qui dépasse sur une largeur d'environ un mètre — l'avaient épargné.

Il était en pleine forme et magnifique avec ses grandes fleurs roses. J'ai scruté le sol à son pied pour essayer de trouver une éventuelle descendance. Il avait produit tellement de prunes l'année passée qu'au moins quelques-unes aurait pu germer. Toutefois, je n'ai rien trouvé. 

Par contre, des cinq que j'avais cueillies en septembre dernier pour y gouter et semer les noyaux, j'ai obtenu une germination et tout porte à croire qu'il y aura un jour des prunes sauvages au jardin. J'avais aussi prélevé trois rameaux de l'année, d'environ 20 cm, avant qu'ils ne soient complétement aoûtés. Ce printemps, je les ai surveillés attentivement en espérant voir un gonflement des bourgeons annonciateur du succès du bouturage. J'ai eu deux bonnes surprises sur trois, et même des fleurs. On n'en est pas encore à faire de la confiture, mais c'est un début. 

Ex-noyau de prune
Futur noyau de prune

Des rouilleux de passage

🎧 Article avec ambiance sonore :

Une Quiscale rouilleux

Chez nous, à Longueuil (Québec), les quiscales rouilleux ne font que passer. Ils sont en route pour la forêt boréale dans laquelle ils nichent, généralement à proximité d'un point d'eau. Pour avoir une chance de les observer, il faut être là au bon moment, car ils ne s'éternisent pas. C'était notre cas, il y a trois jours. 

En fin d'après-midi, des grincements monocordes en provenance du bois nous ont prévenus de leur présence. Ils étaient là, mâles et femelles, sautant d'un billot à l'autre dans le bois inondé, à la recherche de nourriture. À peine plus gros qu'un carouge à épaulettes et bien plus petits que leurs cousins bronzés, ils partagent néanmoins avec ces derniers ce regard foudroyant que même un écureuil gris n'ose soutenir. Le lendemain, ils n'étaient déjà plus là.  

Un Quiscale rouilleux

Deux pour une

Au Québec, les chouettes rayées commencent à pondre début mars, mais avant, il faut se trouver un(e) partenaire et construire un nid. 

Hier, au boisé du Tremblay (Longueuil), les rapprochements semblaient être bien engagés. Il va falloir surveiller la suite. En revanche, la grande pic cherche toujours un partenaire.

Un 5 janvier dans le boisé du Tremblay

Il se passe toujours quelque chose dans le boisé du Tremblay. Cette fois-ci, j'ai croisé la piste d'un lapin à queue blanche. Plus loin, en cherchant une chouette rayée dans le marais, je suis tombé sur une grande pic (Dryocopus pileatus) occupée à gosser un frêne mort que les coupeurs d'arbres avaient bien voulu laisser debout. Et encore plus loin, un groupe de grands corbeaux qui faisaient l'aller-retour entre leur perchoir et le sol m'a incité à aller vérifier à quel cadavre ils s'intéressaient. C'était un jeune cerf de Virginie déjà bien entamé.


Biodiversité du Boisé du Tremblay

Comme chaque année ou presque depuis que j’ai démarré le projet "Biodiversité du Boisé du Tremblay" sur iNaturalist, j’ai mis à jour les guides de la faune et de la flore du boisé.

Ces guides sont établis à partir des observations faites par les visiteurs, mais seules celles ayant été validées par la communauté des experts de iNaturalist et ayant atteint le calibre «Recherche» sont retenues.

Ils permettent de dresser un portrait de la vie qui anime le boisé et démontrent que la « biodiversité » n’est pas qu’un concept. En mettant en évidence la richesse d’un lieu, ils stimulent l’intérêt pour sa conservation. Ils peuvent aussi faciliter l’identification d’une plante ou d’un animal qui attire l’attention du visiteur curieux. D’ailleurs, ces guides peuvent être imprimés, téléchargés ou consultés en ligne sur un téléphone cellulaire.

Au cours de l’année 2024, plusieurs nouvelles espèces ont été ajoutées à la liste:

  • L’Amanite de Jackson devient la 22ème espèce du guide des champignons.
  • L’Adiante du Canada et l’Athyrie fougère-femelle du Nord font passer à 11 le nombre des espèces du guide des plantes se reproduisant par spores (mousses, lycopodes, fougères et alliées).
  • Le Lycope d'Europe, la Proserpinie des Marais, la Rudbeckie laciniée, la Saponaire officinale, l’Uvulaire à grandes fleurs, la Vesce des haies, l’Impatiente glanduleuse et l’Ancolie du Canada portent à 231 le nombre d’espèces du guide des plantes herbacées à fleurs.
  • Le Noyer noir, l’Hamamélis de Virginie et le Chêne blanc font grimper à 75, le nombre des espèces du guide des arbres et des arbustes.
  • 69 nouvelles espèces ont été ajoutées au guide des invertébrés qui totalise maintenant 493 espèces d’arthropodes et de mollusques.
  • Enfin, le Rat musqué et le Coyote viennent compléter la liste des 16 espèces du guide des mammifères.

En revanche, le guide des amphibiens, reptiles et poissons reste à 11 espèces et le guide des oiseaux à 122 espèces.

Je profite de l'occasion pour vous encourager à utiliser iNaturalist pour recenser la biodiversité qui vous entoure, que ce soit dans un parc, un jardin ou même une maison. C'est facile (il suffit de prendre une photo), c'est complétement gratuit, c'est utile et c'est l'occasion d'apprendre, car même si vous ne connaissez pas l'espèce, la communauté de iNaturalist l'identifiera pour vous.

Indigène mais pas spontané

Une belle surprise nous attendait hier au bord du chemin : une demi-douzaine d'hamamélis de Virginie étaient en pleines fleurs. Comme je passe régulièrement par là et que je ne les avais jamais remarqués, leur présence est probablement l'oeuvre d'un lutin jardinier bien inspiré. 

Je dois avouer que, comme tout ce qui sort des sentiers battus, j'aime bien cet arbuste qui refuse de se résigner à l'hiver alors que tous les autres ont laissé tomber leurs feuilles. Dans leur article "Many to flower, few to fruit : the reproductive biology of Hamamelis virginiana (Hamamelidacee)", Gregory J. Anderson  et James D. Hill en arrivent à la conclusion que cette floraison tardive pourrait être une stratégie évolutive qui permet à H. virginiana d'éviter la concurrence que lui fait une autre espèce d'hamamélis (H. vernalis) pour les pollinisateurs ; ce dernier fleurissant de la fin de l'hiver au début du printemps. Évidemment, cette stratégie a éte héritée des individus vivant dans les régions où les deux espèces cohabitent ou ont cohabité.

Toutefois, le prix à payer pour cette pollinisation différée et concomittante des premiers gels, en tous cas au Québec, est la raréfaction des pollinisateurs et un succès limité de la fructification puisque moins de 1 % des fécondations arrivent à terme. 

L'ogre des forêts

Hier, en me promenant dans le boisé du Tremblay, j'ai été surpris par l'abondance des tamias rayés dont les "tchip" revendicateurs animaient le sous-bois. Il faut croire que l'année leur a été profitable. 

Au retour, mon attention a été attirée par un bruissement de feuilles mortes insistant, juste derrière moi. Je ne voulais pas me retourner, suspectant la présence d'un énième tamia. Mais bon, des fois que cela aurait été un ours, j'ai fait l'effort. 

Comme il n'y a rien qui ressemble plus à une feuille morte que cet écureuil, je l'ai cherché pendant quelques secondes, jusqu'à ce que je le voie détaler avec quelque chose dans la gueule. Ayant cru identifier une couleuvre, je l'ai suivi des yeux jusqu'à une pierre sur laquelle il s'est perché pour égorger sa proie. Je n'en revenais pas.  Moi qui pensais que Tic et Tac étaient végétariens, je suis allé aussitôt m'informer sur le régime alimentaire de ce rongeur dans les bouquins et l'internet. Toutes les sources mentionnent effectivement que le tamia rayé peut se nourrir à l'occasion d'œufs et d'oisillons. Je n'ai pas vu la couleuvre, mais qui vole un œuf peut bien en voler une.   

Le prunier noir

Le 7 mai 2024

Ce printemps, j'ai eu le plaisir de trouver un prunier noir (Prunus nigra) en me promenant dans le boisé du Tremblay. Seul prunier indigène au Québec, il n'est pas rare, mais n'est pas non plus très abondant. On le trouve autour des Grands Lacs, jusqu'au sud du Manitoba vers l'ouest et jusqu'à la côte atlantique vers l'est.

Comme je voulais goûter à ces prunes, je l'ai visité régulièrement. Ce fut long, très long, mais ça en valait la peine. Le fruit de couleur orange, presque rouge, est juteux et sucré à condition de le cueillir bien mûr.   

Le 11 août 2024 et pas encore assez mûre

Plutôt un caryer ovale

Il y a quelques jours, je m'interrogeais - ici - sur l'identité d'un gros bourgeon que je n'avais jamais remarqué auparavant, au bord d'un chemin du Boisé du Tremblay. Avec un peu de patience et de persévérance, je peux dire aujourd'hui que je me trompais et qu'il s'agit d'un caryer ovale (Carya ovata). Les feuilles qui me paraissaient palmées sont plutôt imparipennées, c'est-à-dire composées de folioles en nombre impair ; cinq en l'occurence.

Un marronnier ?

Il y a quelques jours, à l'occasion d'une ballade dans le boisé du Tremblay, mon attention a été attirée par un gros bourgeon sur le bord du chemin. Intrigant ! Je n'avais jamais rien vu de semblable auparavant et en dépit de ses quatre ou cinq centimètres de longueur, il m'avait complétement échappé jusqu'à ce jour. J'inspectai autour pour voir si l'arbre auquel il appartenait était seul, mais j'en vis trois autres un peu plus loin. Curieux, je me promis de revenir régulièrement pour surveiller l'ouverture du bourgeon dans l'espoir d'identifier l'essence.

Hier, il était ouvert, laissant apparaitre le nouveau rameau et quelques feuilles qui semblent composées et plutôt palmées. Est-ce que cela pourrait être un marronnier ? Il y en a trois au Canada. Deux ont été introduits : le marronnier d'Inde (Aesculus hippocastanum) et le marronnier rouge (Aesculus pavia). L'autre, le marronnier glabre (Aesculus glabra) est indigène, mais plutôt rare. Comme c'est un arbre qui aime les milieux humides, il serait dans son élément au boisé du Tremblay.

Je vais suivre la croissance des feuilles en espérant que les cantonniers qui entretiennent le chemin et qui ont entrepris de couper toutes les branches basses des arbres en bordure fassent comme moi, qu'ils passent sans le voir. En attendant, si les photos vous évoquent quelque chose, n'hésitez pas à me renseigner. 


Matin chantant

Une grive solitaire, mais pas pour longtemps. 

Les migrations vont bon train dans le boisé du Tremblay. On commence à voir des grives solitaires depuis trois jours et des trains entiers de bruants défilent sous nos yeux. Certains, comme ce bruant des marais, en descendent pour poser leurs bagages. Poitrine gonflée, calotte hérissée, il défie ses congénères au chant et s'ils font mieux que lui, il ira voir ailleurs sans discuter. Soudain, l'arrivée d'un groupe d'oiseaux noirs et bruyants lui font rabattre son caquet et sa casquette.

L'attente a porté fruit

Il s'est écoulé 64 jours entre ces deux photos du Cerisier de Virginie qui pousse derrière la clôture.