Sieste ou promenade ?

Le dimanche après-midi, après le dîner, la question vient toujours à se poser. Cette fois, elle a été tranchée en faveur de la nature, du côté bouchervillois du boisé du Tremblay.

C'est un coin que nous ne fréquentons plus beaucoup pour trois raisons: (1) pourquoi prendre l'auto pour marcher dans un bois qui commence derrière notre clôture, (2) ce secteur a toujours semblé déserté par la faune, surtout aviaire, et (3) la coupe à blanc des frênes moribonds, la repousse des nerpruns et les grillages abandonnés autour des feues plantations de nouvelles essences offrent un spectacle désolant.

Des points positifs, me demanderez-vous ? Ils suivent en photos.

Renouée sagittée
Gentiane d'Andrews
Concombre grimpant
Eupatoire rugueuse

Et puis, il y a le ruisseau Massé. Autrefois redressé et calibré par l'homme et ses machines, il retourne tranquillement à sa nature. Il se comble, se verdit et rêve qu'un jour il pourra à nouveau se promener dans le bois. Tout espoir est permis ; il dispose d'un temps que nous n'avons pas. Et alors, ses eaux ne se précipiteront plus à la moindre fonte ou au premier orage venu pour faire déborder les rivières.  

2026
2017

La pudeur de l'épervier

J'avais un petit travail de menuiserie extérieure à faire sur le cabanon. J'avançais dans sa direction d'un pas décidé, sans tenir compte de mon environnement quand, en ouvrant la porte pour récupérer mon matériel, du grabuge au fond du jardin attire mon attention. Je fige ; il y a un épervier au sol, à 6 mètres d'où je me tiens. Il est stressé, tourne la tête à droite et à gauche à la recherche d'une solution de fuite.

Je pense d'abord que je l'ai dérangé dans sa chasse. J'ai l'impression qu'il sort des rhododendrons que les tamias ont l'habitude de fréquenter. Je ne bouge plus ; j'évite de le fixer du regard et j'attends. À ma grande surprise, il reste au sol à me regarder pendant 3 bonnes minutes. Peut-être juge-t-il que la probabilité d'attraper une proie vaut le risque que je représente. Pourtant, les rapaces diurnes n'aiment pas la proximité de l'humain. 

Finalement, il grimpe sur les pierres qui surplombent le bassin supérieur. Caché par des onoclées, je ne vois plus que le sommet de sa tête. Il tourne le dos au bassin et fait face aux rhododendrons. Comme il ne bouge plus, je pense qu'il s'est mis à l'affût. Au bout de cinq minutes, je décide de retourner à mon travail, en douceur, mais sans espoir qu'il reste. Malgré l'agitation et le bruit, je vois du coin de l'œil qu'il est encore là. Ensuite, je perds le contact pour me consacrer à ma tâche.

Au bout d'une trentaine de minutes, le bricolage est achevé. Par acquit de conscience, je vérifie la présence de l'épervier. Il ne semble plus être là et j'approche doucement. Erreur ! Aussitôt, il s'envole pour aller se percher sur la clôture. Un saut, rien de plus.

Je recule et je rentre à la maison pour le photographier depuis une fenêtre en hauteur. De mon perchoir, je le vois finalement redescendre de la clôture pour aller se poser entre les deux bassins. La suite est sur la vidéo qui suit. 

C'était donc ça ; il attendait mon départ pour pouvoir se baigner en toute intimité et surtout en toute sécurité ; le poids de l'eau piégé dans le plumage pouvant lui faire perdre de précieuses secondes en cas de fuite. 

Ce bassin a décidément beaucoup de succès auprès des oiseaux. Les deux pierres plates qui affleurent à peine à la surface ont été placées là pour eux, mais je ne pensais pas qu'elles conviendraient à un épervier. Maintenant, il ne reste plus qu'à attendre le pygargue. Après tout, on a déjà eu la visite d'un grand héron.

Invasive ?

En me promenant dans le parc du Mont Saint-Bruno, ce matin, une lamiacée inconnue a attiré mon attention par sa taille et ses grandes fleurs jaune citron. Je ne l'avais jamais vu dans le coin et, étant donné sa proximité avec des propriétés privés, je me suis dit qu'elle s'était probablement échappée d'un jardin, puis j'ai pris quelques photos pour une identification ultérieure. 

En me relevant et en examinant les alentours, j'ai constaté qu'il y en avait partout dans le sous-bois, en tapis denses, au point de me demander si elle pourrait éventuellement poser un problème pour la flore locale.

De retour à la maison, iNaturalist me l'a identifiée comme étant Salvia glutinosa, la Sauge glutineuse, originaire d'Europe de l'Est. Le même iNaturalist ne répertorie que quelques mentions de la plante au Canada: 3 autour de Toronto, 2 dans un jardin de Longueuil et dans un parc avoisinant et 13 dans le parc du Mont-Saint-Bruno. Quant à Vascan - Canadensys qui inventorie les espèces vasculaires canadiennes, il ne la connaît pas encore. En revanche, aux États-unis, certains états la considèrent comme une invasive.