Le temps des arbres

Oyez, oyez ! Mon micocoulier (Celtis occidentalis) a fleuri. 

Ok, pour vous, ça ne veut pas dire grand chose, mais pour moi ça veut dire beaucoup... évidemment (toute ressemblance avec une chanson de Michel Berger n'est pas fortuite).

Quand même, il aura fallu environ 25 ans et la traversée d'un fleuve pour qu'un fruit cueilli à Laval (Québec), germé à Montréal et déménagé à Longueuil produise un arbre sexuellement mature ; sans oublier une attaque de psylles du micocoulier à laquelle il a survécu. 

De toute façon¸ il aurait été surprenant qu'il en meure, car les micocouliers résistent à tout, parait-il, même à la pollution humaine. Finalement, sa seule petite faiblesse est de nous servir à rien. Or, on sait bien que nous ne prenons soin que des êtres et des choses qui peuvent nous être utiles.

Pourtant, ses fruits sont comestibles et quelques unes des Premières Nations accordaient des propriétés médicinales à son écorce. Aujourd'hui, les scientifiques, une poignée tout au plus, s'intéressent aux vertus antioxydantes et cytotoxiques des ses feuilles.

Ça migre

Après l'arrivée dans le jardin du cardinal à poitrine rose, de l'oriole de Baltimore, des quiscales rouilleux et du colibri à gorge rubis au cours de ces trois derniers jours, c'est au tour du bruant à couronne blanche de passer et, derrière la clôture, dans le bois inondé, cinq chevaliers pas si solitaires que ça. Une première en plus de vingt ans ! Ils m'ont juste accordé le temps de sauter sur mon appareil photo.

Devinez qui est content ?

Spontané ou contraint ?

Ce matin dans le boisé du tremblay, en observant ce raton laveur qui se préparait à aller dormir à la fourche de deux branches, je me suis souvenu de cette étude de Gaynor et al. intitulée "The influence of human disturbance on wildlife nocturnality", publiée dans Science en 2018 et à lire ici , et je me suis demandé si le raton laveur faisait partie des ces espèces qui ont décalé leur activité vers la nuit pour éviter les interactions avec l'être humain. 

J'avais pris pour acquis que le raton était un animal nocturne, mais je méfie toujours des certitudes, surtout les miennes. Après vérification, je suis rassuré: le raton est bel et bien une espèce naturellement nocturne et crépusculaire, et nous n'y sommes pour rien même si notre voisinage l'a renforcé dans ses habitudes. Pour preuve, sa rétine est tapissée d'un tapetum lucidum, une membrane située derrière la rétine qui réfléchit la lumière et agit comme un amplificateur. C'est une adaptation anatomique bien pratique pour descendre de son arbre à la lueur des étoiles et aller fouiller nos poubelles.