Un 13 octobre dans la parc national de la Mauricie



C'est pour ce genre de moments que j'ai mis de côté ma misanthropie pour aller marcher avec Greta Thunberg lorsqu'elle est passée à Montréal; pour qu'il y ait encore des automnes colorés, pour que chaque sommet des Laurentides ne soit pas rasé pour installer le chalet luxueux d'un nanti, pour que l'on y pense à deux fois avant de dénaturer le paysage par des lignes à haute tension, des autoroutes, des oléoducs ou des mines, pour qu'il reste des espaces suffisamment grands pour que l'on puisse s'y perdre.






Corydale toujours verte

Un 12 octobre dans le parc national de la Mauricie

Fréquenté seulement par quelques touristes européens et asiatiques venus admirer les couleurs de l'automne québécois, le parc était suffisamment tranquille pour entendre les feuilles tomber. En s'écartant des points de vue et de la route par les sentiers les plus difficiles, nous avons rapidement réussi à nous séparer de nos congénères et à trouver la compagnie que nous recherchions, notamment une salamandre cendrée, un écureuil roux et une gélinotte huppée surprise autant que nous et qui nous a gratifiés de sa posture la plus menaçante. Quelques rainettes crucifères, des geais bleus et des mésanges à têtes noire s'occupaient de la bande sonore.





Viorne à feuilles d'aulne
Aster acuminé
Médéole de Virginie

Salamandre cendrée
Gélinotte huppée

Forestia: ancienne forêt ou forêt ancienne ?

Au cours de la fin de semaine, j'ai eu la chance de découvrir un autre de ces lieux enchanteurs, préservés du temps et de l'humanité. Celui-ci ne déroge pas à la règle tacite qui les unit tous: se cacher parmi nous, au cœur de nos villes, enclavés entre nos constructions, et se protéger par un rempart de citoyens tombés sous leurs charmes. 
Comme le prix pour en parler était de ne pas dévoiler les secrets de son emplacement, je dirai juste que l'endroit se situe aux alentours de Pointe-du-Lac. Comme toujours dans ces lieux, il suffit d'emprunter les chemins les moins fréquentés, ceux qui s'aventurent au cœur de la forêt, pour perdre toute notion de distance et de temps. 
À Pointe-du-Lac, si vous décidez de les suivre malgré tout, ils vous conduiront à l'assemblée des pins blancs et des pruches, qui siège depuis des siècles. Les vénérables siéent là, plongeant leurs racines dans les sables laissés par le lac Lampsilis qui inondait la région, il y a 9000 ans. D'ailleurs, depuis que ce dernier a disparu, la rivière qui venait grossir ses eaux a bien du mal à se frayer un chemin jusqu'au lac Saint-Pierre, son successeur. À moins que ses innombrables méandres fassent partie d'un stratagème élaboré pour égarer le visiteur.