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Perdue ?

Les couleuvres rayées couchent dans la lavande, se font bronzer dans la clématite, prennent l'apéro dans le houblon et vont se nourrir dans le bassin. Le reste du temps, elles jouent à cache-cache.

Au pied du sureau
Couleuvre rayée


Apéro en famille

L'humain s'est inventé toute sorte de rites de passage pour souligner les grands moment de la vie: naissance, puberté, mariage, mort, saisons, victoire. À la maison, nous avons les nôtres. L'un deux célèbre à la fois l'été, la fin de la journée de travail, l'apaisement et le ressourcement au contact de la nature, c'est l'apéro sur la terrasse en compagnie des couleuvres rayées.

Couleuvre rayée

Parc national du mont Orford, prise 2

En route vers le parc écoforestier de Johnville dont je reparlerai prochainement, nous nous sommes arrêtés à celui du Mont Orford. Malgré la brièveté du séjour, ce fut un plaisir pour les yeux et les oreilles.
Au bord des lacs, les éphémères donnaient leur énième représentation d'un balai aérien commencé il y a 280 à 350 millions d'années. Au premier rang, la grenouille des marais, une critique  peu commune au Québec mais tout aussi impitoyable que ces congénères, appréciait le spectacle à sa juste valeur et ne mâchait pas que ses mots.
Les tortues serpentines, quant à elles, avaient décliné l'invitation, trop occupées à chercher le site de ponte qui mettrait leur descendance à l'abri de la gourmandise des ratons laveurs.
Après toute cette agitation printanière, on aurait pu espérer que la nuit nous laisse un peu de répit. C'était sans compter sur le concert des chouettes rayées et des coyotes.   

Éphémère
Rana palustris
Chelydra serpentina
Procyon lotor

La Sierra Gorda

By NASA - derivative work by Ricraider (NASA)
[Public domain], via Wikimedia Commons
Dans le nord du Querétaro (Mexique), se trouve Jalpan de Serra, une petite ville de 22000 habitants nichée au cœur du massif montagneux de la Sierra Gorda. De Mexico, on y arrive après avoir traversé les paysages arides de l'altiplano mexicain, puis franchi les premières crêtes de la Sierra Gorda.
Cette chaine de montagne fait partie d'un ensemble plus vaste, la Sierra Madre Orientale, qui prolonge les Rocheuses états-uniennes et barre la façade est du Mexique.
Dire de la Sierra Madre qu'elle est une barrière n'est pas un vain mot. Elle l'est d'un point de vue physique avec des sommets culminant à 3500 mètres. Elle l'est aussi d'un point de vue climatique en condensant les dernières traces d'humidité de l'air qui arrive du golfe du Mexique et en privant le haut plateau du centre du Mexique de tout espoir de précipitation. Quel que soit le côté par lequel on l'aborde, le phénomène est saisissant. Il suffit du passage d'un col pour que, d'un seul coup, le spectre des couleurs se décale de l'ocre au vert ou l'inverse. D'un côté (ouest), des flancs de montage dénudés parsemés de touffes d'herbes brunâtres et de rares cactus; de l'autre, des forêts de conifères d'abord, puis mixtes et rapidement tropicales, à mesure que l'on s'enfonce dans la vallée.

Versant oriental de la Sierra Gorda
Versant occidental de la Sierra Gorda

Mais la Sierra Gorda n'est pas qu'une montagne. C'est aussi la plus grande concentration d'écosystèmes du Mexique, 2308 espèces de plantes vasculaires, 127 espèces de champignons, 800 de papillons, 27 de poissons, 97 de reptiles, 34 d'amphibiens, 339 d'oiseaux (dont 27 endémiques du Mexique) et 110 espèces de mammifères. Une telle biodiversité méritait bien qu'on lui donne le statut de réserve de biosphère en 1997.
Pour un naturaliste du Québec, débarquer à Jalpan revient à atterrir sur une autre planète. Ça bouge, ça chante, on voit les cactus, les fleurs, les arbres, on essaye de les rattacher à des genres connus, mais en fin de compte, on ne reconnaît rien. Tout ça procure un mélange de frustration et de vertige. On voudrait tout savoir, tout voir, tout de suite. On regarde à droite, à gauche, on s'agite, on passe de l'un à l'autre pour finalement passer à côté. Et puis, on est obligé de lâcher prise et là seulement, on commence à poser le premier regard et à voir vraiment.

Cardellina pusilla
Paruline à calotte noire
Sayornis saya
Moucherolle à ventre roux
Columbina inca
Colombe inca
Zenaida asiatica
Tourterelle à ailes blanches
Le premier regard est quelque chose de précieux et de fugace. Il a cette qualité d'accorder au commun la même valeur qu'au rare. Il fait en sorte que l'on s'émerveille à la vue d'une paruline à calotte noire, d'un moucherolle à ventre roux, ou d'une colombe inca, des oiseaux pourtant omniprésents dans cette région du monde. Il a l'inconvénient, par contre, de vieillir prématurément. Si on ne prend pas garde à l'entretenir, il peut même rapidement devenir indifférent. Qui s'intéresse encore aux moineaux ou aux pigeons ?

Pyrocephalus rubinus
Moucherolle vermillon
Évidemment, il y a ceux dont on ne se lasse pas, comme le moucherolle vermillon. Le regard, même le plus blasé, ne peut s’empêcher de s'y arrêter. Il faut dire qu'ils font tout ce qu'il faut pour ça, .
Le premier regard fait le bonheur du paresseux que je suis. Inutile de courir la rareté au bout du sentier, il suffit de s'asseoir et d'observer; encore faut-il bien choisir son banc (un art qui ne se maîtrise qu'après des années de pratique). À Jalpan, il y en avait justement un, à l'ombre d'un papayer portant un fruit mûr qui ne laissait pas indifférent la faune alentour. je n'ai jamais su qui avait creusé l'accès, peut-être ce pic à front doré qui venait s'y ravitailler. Toujours est-il qu'il a fait le bonheur de plus d'un.

Melanerpes aurifrons
Melanerpes aurifrons
Pic à front doré
Turdus grayi
Merle fauve
Melanotis caerulescens
Moqueur bleu
Et puis, il y toutes les espèces que l'on voit, mais qui resteront inconnues comme ce lézard, ce phasme ou ces épiphytes, qui colonisent les fils électriques. Il faut bien s'en garder pour les prochaines fois.

Lézard
Phasme
Épiphytes
Épiphytes

À quoi les couleuvres pensent-elles ?



Cela fait quelques matins que je surprends la couleuvre rayée venir se percher à l'extrémité de la rambarde du patio. Elle y reste quelques minutes, semblant contempler son domaine en contrebas, avant d'aller s'abriter du soleil, en retrait sous les feuilles de houblon.



Les couleuvres naissent dans les roses

Je peux enfin en apporter la preuve par l'image. J'ai semé quelques graines de rosier sauvage et ce matin une couleuvre rayée avait poussé.

 

Exuvie



Le jardin est rempli de fantômes. Empêtrés dans les branches des arbustes, retenus par la rocaille, incapables de contenir les âmes qui les animaient, les exuvies, fantômes de vie, nous rassurent  sur la santé du lieu et la richesse de la faune qu'il abrite. Ces lambeaux sont tout ce qu'il reste des couleuvres rayées lorsque leur enveloppe charnelle les a quittées. C'est que, contrairement à nous et à d'autres animaux, les serpents et les lézards continuent de grandir jusqu'à la fin, alors que leur peau ne se renouvelle qu'au moment de la mue.


Ballade naturaliste au parc Angrignon


Samedi matin, je guidais une sortie ornithologique de la Société de biologie de Montréal dans le Parc Angrignon, à Montréal. Ce fut tranquille et agréable. Et même si le couvert forestier a rendu l'écoute des oiseaux plus facile que leur observation, nous en avons néanmoins recensé 34 espèces. Parmi celles-ci, le grand pic obtient assurément la palme du plus coopératif.
Toutefois, le clou du spectacle fut d'une toute autre classe, celle des reptiles précisément. Nous avons pu en effet approcher une splendide tortue serpentine qui prenait un bain de soleil sur la berge de l'étang du parc. Un peu plus tard, elle nous a révélé les secrets de sa reproduction, mais nous nous garderons bien de les ébruiter.


Le gardien de vos nuits tropicales

Dans ma quête d'un pays sans hiver où la plante que je suis pourrait s'établir, cette année, j'ai essayé le Panama. Du point de vue de la chaleur, de la lumière et de l'humidité, c'est un peu trop pour un caractère forgé sous un climat tempéré. Mais on s'habitue à tout, et au moment où je commençais à me sentir chez moi, mon porte-monnaie m'a rappelé que le dollar américain, même si on l'appelle là-bas le balboa, est mal adapté au format de mon compte en banque...c'est toujours trop big avec les américains.
En revanche, en ce qui concerne les plantes et la faune, ça ressemble beaucoup à l'idée que je me fais du paradis des naturalistes. Évidemment, je n'ai pas pu m'empêcher de ramener des souvenirs, en l’occurrence une belle ceinture rouge qui me rappelle les magnifiques découvertes de mon voyage quand elle me démange. Il faut bien avouer que les aoutâts panaméens sont très attachants, beaucoup plus que les moustiques.
Et puis, pour vous débarrasser de ces derniers, il y a le gecko (Hemidactylus frenatus).


Quand vous entrez dans votre chambre et que vous le surprenez accroché au plafond au-dessus de votre lit, la première fois, ça surprend. J'irais même jusqu'à dire que ça inquiète un peu. Mais bon, avec ses dix centimètres, on est loin du varan du Nil. Il suffit de se dire qu'il sait ce qu'il fait et espérer qu'il ne va pas sursauter de peur quand vous allez allumer la lumière pour vous rendre à la salle de bain. De toute façon, il fait partie du service de nettoyage des chambres. C'est le spécialiste des cafards, moustiques et autres insectes. Contrairement au reste du personnel affecté aux besognes sous-payées, il ne fait pas partie d'une des huit nations autochtones du Panama. Non, c'est un représentant d'une autre catégorie d'exploités, celle des travailleurs émigrés. Lui est venu du sud-est asiatique. Arrivé probablement par bateau, il a du mettre pied à terre à l'occasion du passage des écluses du canal de Panama.   
J'aurai l'occasion dans les prochains jours de revenir sur la nature panaméenne...si j'ai le courage car passer de +35 à -25°C et du vert au blanc ne tue pas que les aoûtats. 

Le lézard sans nom


En tout cas en français, parce qu'en latin c'est Holbrookia propinqua et Keeled Earless Lizard en anglais Pourtant les plages du Mexique et du Texas où il vit sont aussi éloignées de Rome que de Paris, je ne comprends pas.
Avec ce petit lézard d'une dizaine de centimètres, le seul danger est de s'asseoir dessus quand on va se faire bronzer à la plage. Heureusement, il est vif comme l'éclair. S'il vous fait un clin d’œil en guise de salut, ne lui renvoyez pas car il risque de profiter du vôtre pour disparaître.
Allez, souris, t'es filmé !      

L'hydre du 4,5,0

Moins exotique que celle de Lerne, elle parait aussi beaucoup moins terrifiante. Elles nous observaient tandis que nous sirotions notre café, tranquillement assis dans les marches, chauffés par les premiers rayons du soleil et interpellés par le chant des bruants à gorge blanche qui finiront peut-être un jour par trouver Frédéric (je précise pour les non-amateurs d'oiseaux que "Où est-tu Frédéric, Frédéric ?" est la phrase mnémotechnique associée au chant de ce bruant).