Par exemple, en 2003, j'ai fait un séjour magnifique sur l'île d'Anticosti avec des amis, une île incroyable sur laquelle on peut soulever 200 km de poussière sans rencontrer autre chose que des corbillards d'épinettes et des pyguargues.
Peut-être cela a-t-il changé, mais à l'époque, ce n'était pas un endroit où l'on débarquait à l'improviste. Pour un séjour de 15 jours, il fallait penser à faire ses deux commandes d'épicerie d'avance pour être certain d'être ŗavitaillé en temps et lieu. Il fallait aussi réserver son pick-up pour pouvoir circuler sur les chemins de terre en toute sécurité.
Bref, un endroit comme je les aime et dont j'ai voulu garder un souvenir sous la forme d'une petite épinette de 10 cm de haut...une sorte de sauvetage. Je l'ai planté dans le fond du jardin à côté d'un faux-cyprès de Nootka qui était déjà là.
Ce matin, en me remémorant un autre souvenir que j'ai semé à ses pieds, j'ai levé les yeux au sommet de l'épinette - à peine 3 mètres - et j'ai eu la grande joie de découvrir ses trois premières cocottes. Ah ben ça alors ! Vingt-trois ans pour en arriver là et faire resurgir toutes les images de renards hybrides, d'aréthuse, de trilobite et de dryade que j'avais dans la tête.

