Jaune et fluffy

En ce 29 avril 2026, le printemps suit son cours dans le boisé du Tremblay. Après la floraison des hépatiques à lobes aigus (toujours d'actualité), c'est au tour des érythrones d'Amérique d'éclore ; lesquelles annoncent l'imminence des claytonies de Caroline. Quant aux chardonnerets jaunes, eh bien, ils ont rafraichi les couleurs de leur costume de plumes et s'apprêtent à perpétuer leur espèce.

Ainsi va la vie depuis des milliers d'années et pendant encore longtemps... Enfin, on l'espère !


Cherchez l'intrus

Ce matin, dans le boisé du Tremblay, deux choses m'ont sauté aux oreilles : la quantité de bruants des marais et la dégradation de l'environnement sonore.

Bruant des marais

Habituellement, à cette époque-ci de l'année, le chemin du boisé est jalonné par le chant des bruants chanteurs ; cette année, rien ou presque. Par contre, on entend beaucoup plus de bruants des marais. Seraient-ils arrivés plus tôt que les chanteurs ? Est-ce qu'un cycle biologique fait en sorte que la population des bruants chanteurs est dans un creux ? Ou est-ce plutôt un signe que le milieu naturel du boisé du Tremblay a changé ? 

Hirondelle bicolore
L'intrus. J'espère que son incongruité transcrit l'effet que cela me fait à chaque fois. 

Pourtant, à première vue, rien n'a bougé. Les trop nombreuses coupes d'arbres font en sorte de retarder la densification du couvert arboré de cette ancienne friche agricole, en dépit de ses efforts pour retourner à son ancienne nature. Par conséquent, le milieu reste propice au bruant chanteur qui aime les espaces ouverts et l'explication doit-être ailleurs. Quant au bruant des marais, comme le boisé est humide, la coupe des arbres transforme les lieux en un marais colonisé par la phragmite; ce qui lui est plutôt favorable.

Pic flamboyant et Pic mineur

L'autre constat du jour est la dégradation de l'environnement sonore, une chose à laquelle je suis très sensible. Bien que mon ouïe décline et qu'il n'y ait pas eu de vent pour porter les sons, ce matin, j'ai été frappé par l'accroissement du bourdonnement des voitures qui circulent sur l'autoroute 20 plus au nord, au point d'en regretter les années de covid qui avaient fait taire cette nuisance. L'autre irritant acoustique notable est l'intensification du trafic aérien de l'aéroport Saint-Hubert. Malheureusement, cela ne fait que commencer puisqu'à compter du 12 juin, l'aérogare nouvellement agrandie va accueillir les vols réguliers d'une première compagnie aérienne. L'appât du gain de quelques-uns l'emportera-t-il toujours sur la quête de la sérénité de quelques autres ?   

Des nouvelles du boisé du Tremblay

Il s'en est passé des choses dans le boisé du Tremblay depuis mon dernier message. C'est normal, c'est le printemps. Voilà donc rapidement et en photos où nous en sommes.

Depuis que les dindons ont été chassés par des chiens sans laisse qui promenaient leur maître ignorant ou insouciant (j'hésite encore), nous avons eu la visite d'un lapin à queue blanche, les hépatiques à lobes aigus ont redressé la tête et s'apprêtent à fleurir et nous ajoutons une nouvelle espèce dans notre arrière-cours avec ce couple de canards branchus à la recherche d'un arbre pour nicher.

Une dernière chose:  il n'y a pas une promenade dans le boisé du Tremblay sans que je constate l'accrochage d'un nouveau sac à m... à une branche et l'abattage d'un nouvel arbre. Maintenant qu'il n'y a plus de frênes, on s'en prend aux peupliers faux-trembles. Ça commence à être pénible et laid. À tout hasard, je signale aux bucherons que si c'est pour vérifier que l'arbre est sain, c'est improductif. Par contre, si l'objectif est de transformer le boisé en un parc à chien ou un terrain de golf, alors vous êtes sur la bonne voie.