À la façon d'Audubon


À la maison, il y a presque autant de plantes à l'intérieur qu'à l'extérieur des murs et tout ce vert, dans et à travers les fenêtres, a longtemps été une cause d'accidents pour les oiseaux qui ne voient pas les vitres. Si la plupart s'en remettaient après quelques minutes, quelques uns y restaient. J'écris au passé, car le problème a été résolu par l'ajout de réflecteurs de rayons ultraviolets. Le système, des calques non permanents, se pose et s'enlève facilement, il est relativement discret, voire décoratif, et il est surtout très efficace puisque nous n'avons plus de collisions dans les fenêtres qui en sont équipées.
Pour l'essai, nous avions décidé de nous limiter aux fenêtres les plus à risque. Or hier, une bande de jaseurs d'Amérique se nourrissait dans le jardin et malheureusement l'un d'entre eux s'est tué dans la seule fenêtre non marquée de la façade. 
Un peu à la façon de l'ornithologue Jean-Jacques Audubon qui tuait les oiseaux pour mieux les dessiner, nous en avons profité pour l'examiner d'un peu plus près. À notre grand étonnement, nous avons découvert que la coloration rouge de la pointe des ailes n'était pas due aux barbes de la plume, mais plutôt à la pointe du rachis qui s'aplatit et prend une teinte tête-d’allumette.